Sanctions américaines contre la CPI : Le gouvernement défend Abdoulaye Seye et l’indépendance de la justice internationale
SENTV : Le Gouvernement sénégalais hausse le ton après les nouvelles sanctions annoncées par les États-Unis contre des responsables de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué publié ce jeudi 20 août, le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a exprimé sa « profonde préoccupation », tout en apportant son soutien sans réserve au Sénégalais Abdoulaye Seye, directement visé par ces mesures.
Abdoulaye Seye parmi les responsables ciblés
Annoncées le 18 août par les autorités américaines, les nouvelles sanctions concernent notamment Abdoulaye Seye, ressortissant sénégalais et membre du Bureau du Procureur de la CPI. Il est également le candidat présenté par le Sénégal à l’élection au poste de juge de la juridiction internationale. La présidente de la CPI, la Japonaise Tomoko Akane, figure également parmi les personnes sanctionnées.
Selon les informations communiquées par Washington, les deux responsables ont été inscrits sur la liste américaine des personnes faisant l’objet de sanctions. Ces mesures entraînent notamment le gel des éventuels avoirs concernés aux États-Unis et des restrictions sur les transactions avec des ressortissants ou entités américaines.
Face à cette décision, le Sénégal rappelle le rôle central de la Cour pénale internationale dans la lutte contre l’impunité et la poursuite des crimes internationaux. Dakar estime que toute mesure susceptible d’entraver l’indépendance, la sécurité ou l’exercice des fonctions des magistrats et personnels de la CPI risque de fragiliser le fonctionnement de la justice pénale internationale.
Le gouvernement sénégalais affirme ainsi sa « pleine solidarité » à Abdoulaye Seye ainsi qu’aux autres responsables et personnels de la Cour concernés par les sanctions. Il considère que l’exercice indépendant de fonctions judiciaires au sein d’une juridiction internationale ne devrait pas être soumis à des pressions susceptibles d’affecter l’accomplissement de son mandat.
Le Sénégal réaffirme son attachement au Statut de Rome
Dans son communiqué, Dakar rappelle également son engagement historique en faveur de la CPI. Le Sénégal souligne avoir été le premier État à ratifier le Statut de Rome, texte fondateur de la Cour, et réaffirme son attachement au multilatéralisme, au droit international et à l’indépendance de la justice internationale.
Cette prise de position intervient alors que Washington intensifie sa campagne de pression contre la CPI. Les autorités américaines reprochent notamment à la Cour d’exercer sa compétence à l’égard de ressortissants de pays qui ne reconnaissent pas sa juridiction, dans un contexte marqué par les procédures visant notamment des responsables israéliens.
Malgré la fermeté de sa réaction, le gouvernement sénégalais appelle à privilégier le dialogue, le respect mutuel et la coopération internationale. Il entend poursuivre ses concertations avec ses partenaires africains et internationaux afin de contribuer à préserver l’intégrité, l’indépendance et le fonctionnement effectif de la CPI.
Cette déclaration place ainsi le Sénégal au premier plan du débat diplomatique autour de l’avenir de la justice pénale internationale, alors que les sanctions américaines suscitent déjà des réactions au sein de plusieurs États et de la CPI elle-même. La Cour a dénoncé ces nouvelles mesures comme une atteinte à son indépendance judiciaire.
Pour Dakar, l’enjeu dépasse donc le cas individuel d’Abdoulaye Seye : il touche directement aux principes de l’indépendance judiciaire, du multilatéralisme et du respect du droit international.