Cyberfraude : la gendarmerie démantèle à Keur Massar un réseau de détournement de SMS, un ressortissant nigérian interpellé
SENTV : La riposte aura été rapide. À la suite d’une plainte déposée par la Sonatel, la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar a procédé au démantèlement d’un réseau spécialisé dans le détournement frauduleux de SMS de notification. L’opération, menée avec l’appui de la Section de recherches de Colobane, a conduit à l’arrestation d’un ressortissant nigérian présenté comme l’un des maillons clés du dispositif.
Selon le colonel Ibrahima Ndiaye, chef de la Division de la communication et des relations publiques de la Gendarmerie nationale, l’enquête a été déclenchée après la détection par l’opérateur télécom d’un système parallèle d’acheminement de messages.
D’après les premiers éléments, les fraudeurs avaient mis en place une infrastructure technique permettant de détourner des SMS de notification émis par des plateformes grand public telles que WhatsApp, TikTok ou Amazon.
Le procédé consistait à faire transiter ces messages via des numéros d’opérateurs locaux, à des tarifs largement inférieurs aux coûts réglementaires, causant un manque à gagner estimé à 5 005 960 FCFA pour la Sonatel.
Face à ce préjudice financier et aux risques sécuritaires liés au détournement de SMS — souvent utilisés pour l’authentification à double facteur — l’opérateur a saisi la BR de Keur Massar.
Le 23 février 2026, les enquêteurs interpellent à Colobane un individu identifié comme le revendeur des cartes SIM utilisées dans le cadre de la fraude. Cette arrestation marque un tournant dans l’enquête, permettant de remonter la filière logistique du réseau.
Les investigations techniques et les recoupements effectués conduisent ensuite les gendarmes jusqu’aux Maristes, où le groupe criminel avait installé son quartier général.
Sur place, les hommes de la BR procèdent à l’interpellation d’un ressortissant nigérian. La perquisition met au jour un dispositif technique d’envergure : cinq ordinateurs, six racks contenant chacun vingt téléphones portables, deux routeurs, une antenne BTS, cinq multiprises et un amplificateur de signal.
Ce type d’installation, proche des systèmes dits « SIM box », permet de convertir des communications internationales en trafic local afin d’en réduire artificiellement les coûts, au détriment des opérateurs et du Trésor public.
L’ensemble du matériel saisi a été transféré au Centre de lutte contre les criminalités numériques (CLCN) pour exploitation et analyse technique.
Les suspects interpellés sont poursuivis pour association de malfaiteurs et fraude sur un réseau de communication par voie électronique. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuelles complicités et d’évaluer l’étendue réelle du trafic.
Cette opération illustre, selon la gendarmerie, la montée en puissance des cyberfraudes reposant sur des infrastructures techniques élaborées, mais aussi le renforcement des capacités nationales de riposte face à la criminalité numérique.

