SENTV : La séance des questions d’actualité au gouvernement a pris, mardi, un tour résolument offensif. La députée Aïssata Tall Sall a dressé un réquisitoire sans détour contre la gestion gouvernementale de plusieurs dossiers sensibles, allant de la campagne arachidière aux tensions universitaires, en passant par les retards de paiement des bourses sociales.
D’emblée, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a adressé ses vœux aux Sénégalais à l’occasion du ramadan et du carême chrétien, avant d’entrer dans le vif du sujet.
Revenant sur une tournée effectuée à Kolda par le Premier ministre Ousmane Sonko, la parlementaire a rappelé l’engagement public de l’État de racheter 450 000 tonnes d’arachide aux producteurs.
Selon les chiffres qu’elle dit détenir, au 30 janvier, seuls 100 000 tonnes auraient été collectées. « Il y a déjà un déficit de 250 000 tonnes par rapport à l’objectif », a-t-elle soutenu, évoquant également 324 000 tonnes encore invendues entre les mains des paysans, à quelques mois du prochain hivernage.
Pour l’élue, cette situation fait peser un risque économique majeur sur les producteurs du bassin arachidier, déjà fragilisés par la volatilité des prix et les difficultés d’écoulement.
Abordant ensuite la crise universitaire, Me Tall Sall a évoqué les violences survenues à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), marquées par le décès de l’étudiant Cheikh Abdoulaye Dièye. Présentant ses condoléances à la famille du défunt, elle a dénoncé des scènes de violence ayant atteint, selon ses mots, les chambres universitaires.
Tout en reconnaissant l’intention préventive avancée par le gouvernement, la députée a estimé que « le remède a été pire que le mal », considérant que la stratégie sécuritaire n’a pas permis d’éviter une issue tragique.
Elle a également interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur sur la question du paiement des bourses étudiantes, demandant si les montants dus ont effectivement été versés et plaidant pour une reprise du dialogue avec la communauté universitaire afin de rétablir un climat apaisé propice aux cours.
Élargissant son propos, la parlementaire a évoqué les retards signalés dans le versement des bourses de sécurité familiale destinées aux ménages vulnérables. Selon elle, ces lenteurs administratives aggravent la précarité de milliers de familles dépendantes de ces transferts sociaux.
En conclusion, Aïssata Tall Sall a directement interpellé le chef du gouvernement, l’exhortant à annoncer des mesures « concrètes » pour apaiser la situation sociale et restaurer la confiance.
Cette sortie parlementaire, aux accents de désaveu politique, illustre la montée des critiques sur la gestion des urgences économiques et sociales, dans un contexte national marqué par des tensions persistantes.