Palais : Face au bras de fer avec les enseignants, Bassirou Diomaye Faye sous pression
SENTV : Un nouveau front social s’invite au sommet de l’État. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est confronté à un dossier sensible : la montée des tensions entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants, sur fond de ponctions salariales appliquées aux agents ayant observé des arrêts de travail.
La mesure, fondée sur le principe du « service fait », a ravivé un bras de fer ancien entre l’État et les organisations syndicales du secteur de l’éducation. Dans cette épreuve de force, les élèves apparaissent, une fois de plus, comme les victimes collatérales d’un conflit social aux répercussions pédagogiques immédiates.
La question des ponctions salariales relance la crise
Selon les textes régissant la Fonction publique sénégalaise, toute absence pour fait de grève peut entraîner une retenue sur salaire, conformément au principe selon lequel la rémunération est conditionnée par l’effectivité du service rendu. Les autorités administratives ont récemment appliqué cette disposition à des enseignants grévistes, déclenchant une vague de contestations.
Plusieurs syndicats dénoncent une décision « unilatérale » et réclament l’ouverture de négociations sur des revendications récurrentes : rappels d’indemnités, lenteurs administratives dans les avancements, reclassements et amélioration des conditions de travail.
Ce regain de tension intervient dans un contexte où le système éducatif sénégalais reste fragile, régulièrement perturbé par des mouvements d’humeur, notamment à l’approche des examens nationaux.
Les élèves en première ligne
Au-delà du duel État-syndicats, l’impact se mesure dans les salles de classe. Les interruptions de cours compromettent l’exécution des programmes et accentuent les inégalités entre établissements publics et privés. À quelques mois des échéances académiques majeures, parents d’élèves et acteurs de la société civile redoutent une nouvelle année scolaire hachée.
Les précédentes crises ont montré que les retards cumulés pèsent lourdement sur les performances scolaires et le calendrier des examens. Chaque jour sans cours creuse davantage l’écart entre les ambitions affichées de réforme et la réalité du terrain.
Élu sur la promesse d’une gouvernance de rupture et d’un dialogue renforcé avec les partenaires sociaux, Bassirou Diomaye Faye joue ici une séquence délicate de son magistère. La gestion de ce dossier pourrait constituer un marqueur fort de sa méthode face aux tensions sociales.
Au Palais, l’enjeu dépasse la seule question des retenues sur salaire. Il s’agit de trouver un équilibre entre le respect de la légalité administrative, la soutenabilité budgétaire et la nécessité de préserver la stabilité du système éducatif.
Dans un pays où l’école demeure un ascenseur social essentiel, la résolution rapide et concertée de cette crise apparaît comme un impératif. À défaut, le bras de fer pourrait s’enliser, avec pour conséquence un climat scolaire encore plus fragilisé — et une jeunesse prise en étau entre revendications syndicales et fermeté étatique.