8 mars : Témoignage d’une Française d’origine malienne accusant un diplomate sénégalais de violences et d’emprise

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SENTV : À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, une Française d’origine malienne affirme avoir été victime pendant plusieurs années de violences physiques, psychologiques et sexuelles de la part d’un diplomate sénégalais. Dans un témoignage détaillé transmis aux autorités, la jeune femme décrit une relation marquée par l’emprise, des pressions pour avorter et des menaces.

Selon son récit, la jeune femme aurait entretenu une relation avec un diplomate sénégalais identifié par les initiales P.D., qui occupait des fonctions d’ambassadeur en Europe entre 2020 et 2025.

D’après les éléments qu’elle avance, ce diplomate aurait été accrédité depuis juillet 2025 dans un pays d’Afrique, désigné par les initiales BF, dans le cadre de ses fonctions diplomatiques.

À ce stade, les accusations reposent sur le témoignage de la plaignante et devront être examinées par les autorités compétentes.

Une rencontre en 2019

La jeune femme explique avoir rencontré le diplomate en décembre 2019 lors d’un voyage. À son retour en France, elle affirme avoir choisi de ne pas poursuivre la relation.

Mais selon elle, l’homme aurait insisté à plusieurs reprises pour la revoir.

« Il a continué à me contacter et à me convaincre de le rencontrer », explique-t-elle.

Début 2020, la relation débute officiellement. À cette époque, la jeune femme est encore étudiante. Elle raconte que le diplomate lui parle rapidement de mariage et d’engagement, ce qui la rassure sur ses intentions.

Cependant, quelques mois plus tard, elle dit avoir découvert sur son téléphone plusieurs relations avec d’autres partenaires, ce qui provoque les premières tensions dans le couple.

Des pressions pour interrompre une grossesse

En 2021, la jeune femme affirme être tombée enceinte. Elle raconte que la réaction du diplomate a été particulièrement violente.

Selon son témoignage, il lui aurait demandé d’avorter, invoquant sa position diplomatique.

Elle affirme également qu’il lui aurait déclaré qu’en tant qu’ambassadeur, il disposait d’une influence suffisante pour ne pas être inquiété par la justice.

Face à ce qu’elle décrit comme une pression psychologique intense et des menaces, elle finit par accepter d’interrompre sa grossesse.

Cette décision aura, selon elle, des conséquences importantes sur sa santé mentale. Elle évoque une dépression, une perte de poids importante et une interruption temporaire de ses études.

Une relation marquée par le contrôle

Quelques mois plus tard, le diplomate lui propose de venir passer du temps avec lui à l’étranger. Elle accepte et se rend à plusieurs reprises à V., où il se trouve en poste, tout en le retrouvant parfois à Paris.

Mais à partir de 2022, elle affirme que la relation devient progressivement marquée par un contrôle strict et des comportements humiliants.

La jeune femme décrit un système de règles imposées :
horaires stricts, interdiction de sortir et obligation de rester enfermée dans le logement lorsqu’elle ne respectait pas les consignes.

Selon elle, le diplomate exigeait également que ses repas soient préparés à l’avance et aurait tenu à plusieurs reprises des propos dégradants sur son apparence physique.

Elle affirme également avoir subi des insultes, des rapports sexuels imposés et des violences physiques, notamment des gifles et des coups.

Après chaque épisode, explique-t-elle, l’homme présentait ses excuses mais les violences auraient repris.

Une seconde grossesse et un épisode aux urgences

En 2024, la jeune femme dit être tombée enceinte une seconde fois.

Elle affirme que le diplomate lui aurait à nouveau demandé d’avorter.

Un soir, alors qu’elle se trouve à V. et qu’elle est enceinte, elle ressent de fortes douleurs abdominales. Elle explique lui avoir demandé d’appeler les urgences, ce qu’il aurait refusé.

Elle décide alors de contacter elle-même les services de secours.

Selon son récit, cette situation aurait provoqué une violente dispute, au cours de laquelle elle affirme avoir été frappée puis expulsée du logement.

Les secours l’emmènent à l’hôpital. Les examens médicaux indiquent que la grossesse évolue normalement mais nécessitent du repos.

La jeune femme affirme ne pas avoir dénoncé les violences à ce moment-là par peur de représailles.

La rupture et les menaces

De retour en France, elle explique avoir pris la décision d’interrompre la grossesse et de mettre un terme à la relation.

Elle décrit un homme très jaloux et possessif, qui l’accusait régulièrement d’infidélité et affirmait qu’elle lui appartenait.

En 2025, le diplomate rencontre pourtant sa famille pour évoquer un projet de mariage et la célébration d’une union religieuse. Mais ce projet n’aboutit pas.

Selon la jeune femme, la promesse du mariage aurait été utilisée à plusieurs reprises comme un moyen de pression pour maintenir la relation.

Lorsqu’elle décide finalement de parler publiquement de ce qu’elle affirme avoir subi, elle déclare avoir été menacée de diffusion de photos intimes.

Une plainte déposée

La jeune femme indique avoir adressé un courrier au ministère sénégalais des Affaires étrangères afin de signaler la situation.

Elle affirme également avoir déposé plainte auprès des autorités françaises.

Les autorités judiciaires devront désormais examiner les faits rapportés et déterminer les suites à donner à cette affaire.

En choisissant de rendre son témoignage public en ce 8 mars, journée internationale consacrée aux droits des femmes, la jeune femme affirme vouloir encourager d’autres victimes de violences à sortir du silence.

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