Litige foncier à la Cité Mourtalla : Moustapha Ndiaye livre sa version dans l’affaire Mouhamed Aly Srour
L’affaire opposant l’homme d’affaires Moustapha Ndiaye à Mouhamed Aly Srour continue de susciter une vive émotion sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique. Au cœur du dossier : l’expulsion d’un père de famille de 56 ans de la villa qu’il avait construite à la Cité Mourtalla, sur la Voie de dégagement nord (VDN), après une longue bataille judiciaire autour de la propriété du terrain.
Face à l’élan de solidarité déclenché en faveur de Mouhamed Aly Srour, pour lequel une cagnotte en ligne a même été lancée afin de racheter la parcelle litigieuse, le célèbre importateur de riz est sorti de son silence dans un entretien accordé à L’Observateur. Il y rejette toute idée de transaction et accuse son adversaire de « manipulation ».
« Il s’est mis à genoux en pleurant »
Dans ses déclarations, Moustapha Ndiaye affirme avoir acquis le terrain il y a plusieurs années avant de découvrir qu’une construction y était en cours sans son autorisation.
« Quand je suis arrivé sur les lieux, il construisait déjà. J’ai immédiatement saisi la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos) », explique-t-il.
Quelques jours plus tard, selon lui, Mouhamed Aly Srour se serait présenté à son bureau pour plaider sa cause.
L’homme d’affaires raconte une scène marquante : « Dès son entrée, il s’est mis à genoux et a éclaté en sanglots. Il disait avoir été trompé lors de l’achat du terrain et qu’il y avait investi toutes ses économies. »
Touché par cette situation, Moustapha Ndiaye affirme avoir accepté, dans un premier temps, de lui céder la parcelle pour un montant de 50 millions de francs CFA, avec possibilité de paiement échelonné.
La rupture après une tentative présumée de revente
L’accord entre les deux hommes aurait cependant volé en éclats après l’intervention d’un notaire. Moustapha Ndiaye soutient avoir été informé qu’une personne cherchait à revendre le terrain à l’aide d’une procuration et d’une copie de sa pièce d’identité.
« J’ai été abasourdi. Je l’ai convoqué pour des explications et il m’a servi une version incohérente », affirme-t-il.
Selon ses propos, Mouhamed Aly Srour lui aurait expliqué que la femme qui lui avait initialement vendu le terrain lui aurait proposé de le remettre sur le marché afin de le céder à un prix plus élevé.
À partir de ce moment, l’homme d’affaires dit avoir décidé de mettre fin à toute négociation et d’engager une procédure judiciaire. Malgré les recours introduits par la famille Srour, la construction de la maison s’est poursuivie jusqu’à l’emménagement des occupants.
Le dossier a connu plusieurs rebondissements devant les juridictions. Moustapha Ndiaye affirme avoir obtenu gain de cause en première instance, puis après appel, avant d’entamer une procédure d’expulsion une fois la décision devenue définitive en 2025.
Il révèle également qu’une tentative de médiation avait été entreprise par une personnalité influente afin de trouver une issue amiable. Selon lui, cette initiative n’a pas abouti faute de garanties financières du côté de Mouhamed Aly Srour.
« J’ai remis 10 millions pour l’aider à déménager »
Autre révélation faite par l’homme d’affaires : le versement présumé d’une aide financière de 10 millions de francs CFA destinée à permettre à la famille de quitter les lieux.
Moustapha Ndiaye affirme que cette somme a été remise le 27 décembre 2025, en présence de l’imam du quartier et de témoins. Il soutient qu’une décharge signée par Mouhamed Aly Srour aurait été établie à cette occasion.
Selon lui, l’occupant des lieux s’était engagé à libérer la maison en février 2026, avant de revenir sur sa décision.
« Il a pris l’argent mais a refusé de partir », déclare l’homme d’affaires, qui dit ne plus vouloir entendre parler d’une éventuelle vente du terrain.
Une affaire qui divise l’opinion
Depuis plusieurs jours, cette affaire alimente un intense débat public autour des litiges fonciers, de la sécurité juridique des transactions immobilières et de la dimension humaine des expulsions.
Alors qu’une partie de l’opinion considère Mouhamed Aly Srour comme une victime d’escroquerie foncière, Moustapha Ndiaye maintient qu’il est le véritable propriétaire lésé dans ce dossier.
« Ce n’est plus une question d’argent, mais une question de principe », insiste-t-il, excluant toute possibilité de céder la parcelle, même en cas d’offre financière plus importante.
À ce stade, Mouhamed Aly Srour n’a pas encore réagi publiquement aux nouvelles déclarations de l’homme d’affaires.