Médina : un réseau de faussaires infiltrant les marchés publics démantelé par la police
SENTV : Un important réseau spécialisé dans la falsification de documents administratifs et fiscaux a été démantelé à la Médina par les éléments du Commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff. L’opération policière, menée le 5 mai dernier sur la base d’un renseignement opérationnel, a conduit à l’interpellation de deux suspects, dont un ancien agent contractuel de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), présenté comme le cerveau présumé du système.
Selon des sources sécuritaires, les mis en cause opéraient depuis un appartement situé à la Rue 06 de la Médina, transformé en véritable atelier clandestin de contrefaçon administrative. Les enquêteurs soupçonnent le réseau d’avoir mis en circulation de nombreux faux documents destinés à faciliter l’accès frauduleux à des marchés publics et à contourner les obligations fiscales et sociales imposées aux entreprises.
Un système bien huilé
D’après les premiers éléments de l’enquête, les fraudeurs fabriquaient notamment de faux cachets officiels de la DGID afin de produire des quitus fiscaux fictifs. Ces documents auraient permis à certaines entreprises privées de présenter des dossiers administrativement “réguliers” pour obtenir des paiements bancaires ou accéder à des contrats publics.
Le réseau produisait également de fausses attestations de régularité sociale censées provenir de structures comme l’IPRES, dans le but de tromper les services de contrôle et les autorités contractantes.
Les policiers ont découvert sur les lieux une importante quantité de matériels et de documents saisis sous scellés. Parmi les pièces récupérées figurent :
Quinze cachets humides, dont six portant l’identité de la DGID ;
Quatre dateurs et quatre encriers ;
Huit attestations ARCOP ;
Quarante-trois contrats de marchés publics ;
Vingt-six cahiers des charges ;
Cent soixante-cinq attestations de régularité fiscale ;
Neuf quittances de versement au Trésor ;
Cinq quittances pro-forma estampillées DGID ;
Trente-sept attestations IPRES ;
Trente-cinq attestations de régularité sociale ;
Dix fiches CGU ;
Deux unités centrales et trois imprimantes grand format.
Le présumé cerveau passe aux aveux
Les investigations ont permis d’identifier comme principal suspect un ancien informaticien contractuel ayant travaillé à la DGID entre 2004 et 2017. Lors de son audition, il aurait reconnu l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, selon une source proche du dossier.
Les deux individus arrêtés sont actuellement placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques, contrefaçon de sceaux et cachets de l’État, escroquerie portant sur les deniers publics ainsi que complicité.
Les enquêteurs cherchent désormais à identifier d’éventuels complices et bénéficiaires de ces faux documents, notamment dans le milieu des marchés publics et des entreprises privées.
La Police nationale affirme poursuivre les investigations afin de mesurer l’étendue du réseau et les montants potentiellement détournés. Elle invite par ailleurs les citoyens disposant d’informations utiles à contacter gratuitement le numéro vert 800 00 17 00.




