SENTV : Je l’avoue d’emblée: j’ai sursauté lorsque j’ai entendu Robert Bourgi me traiter de… mercenaire ! Cette relique d’un système mafieux en extinction me traite de… cadavre ! Ce soi-disant avocat, qui a toujours perçu comme « honoraires » de l’argent volé des caisses publiques africaines, m’accuse d’être… un homme qui obéit à l’argent !
Je ne suis pas naïf: je m’attendais à ce que cet éternel prostitué des dictatures africaines justifie les 300 000 euros que Mamadi Doumbouya, qui saigne la Guinée et spolie ses deniers, lui a remis à l’issue de leur audience du 8 mai 2026 à Conakry.
Introduit auprès du dictateur aux abois par un entremetteur médiatique du nom de Lamine Guirassy, Robert Bourgi a commencé par commettre une vidéo hallucinante dans laquelle il compare son corrupteur aux… pères de l’indépendance africaine !
Cette première sortie a fait flop, déclenchant un flot de réactions indignées.
Après ce coup manqué, il fallait que cet octogénaire cupide trouve une parade pour justifier la prime perçue et les enveloppes à venir. Ses cibles sont toutes désignées: Alpha Condé qui cause des urticaires à la conscience de celui qu’il a façonné de toutes pièces et qui l’a trahi; François Soudan qui a eu l’outrecuidance d’écrire qu’il n’y a pas des équivalents de Robert Bourgi dans la rédaction de Jeune Afrique; ma modeste personne qui donne des insomnies au dictateur de Conakry au bout de trois vidéos virales sur ses crimes qui ont crevé tous les plafonds de connexions…
Alpha Condé et François Soudan sont suffisamment grands pour se défendre.
Pour ma part, je ne vais pas laisser le plus grand mercenaire de l’Afrique indépendante me traiter de mercenaire.
Dans l’imaginaire universel, le nom Robert Bourgi est synonyme de connivence avec les dictatures cruelles qui ont saigné l’Afrique et pillé ses ressources, de porteur des valises de la Françafrique, de mercenaire au service des pires dirigeants du continent…
Pour ne citer que des exemples proches, Macky Sall, dont il a bénéficié des largesses avant de le dézinguer pour plaire à son successeur, ne me démentira pas. Cellou Dalein Diallo, qu’il a semblé un moment soutenir pour ensuite le jeter comme un kleenex pour faire les yeux doux à Mamadi Doumbouya, ne dira pas le contraire. Alassane Ouattara, qu’il a longtemps flagorné avant de le fusiller parce que les portes ont commencé à lui être fermées à Abidjan, n’objectera pas.
Plus loin de nous, en France, où tout le monde le fuit aujourd’hui comme la peste, il a longtemps été un courtisan de François Fillon et de Dominique de Villepin avant, par un déballage hideux, de les jeter en pâture à l’opinion publique.
Aujourd’hui chassé des milieux feutrés en France et devenu persona non grata dans nombre de palais africains, Robert Bourgi a jeté son devolu sur un dictateur complexé et inculte comme Mamadi Doumbouya, proie facile pour ce dinosaure de la Françafrique.
Voir ce vieillard à la voix chevrotante assurer le service après-vente de son accord avec Doumbouya dans un petit média guinéen est plus honteux que la honte !
Cet octogénaire qui continue à se vendre n’est pas un cadavre, mais un cadavre en putréfaction, socialement mort depuis que le monde entier le fuit comme la peste.
Robert Bourgi fait feu de tout bois depuis qu’il a reçu cette enveloppe kaki A4 contenant six lots de cent billets de 500 euros !
C’est donc lui que les billets de banque actionnent telle une marionnette.
C’est fou ce que, dans ce siècle d’inversion des valeurs, les gens qui doivent la boucler savent l’ouvrir !
C’est le monde à l’envers. « Ceux de qui la conduite offre le plus à rire, Sont sur autrui les premiers à médire », a dit Molière dans une de ces belles rimes de sa pièce Tartuffe.
Robert Bourgi, le mercenaire fait homme, le corrompu congénital, le vendu continental, le prostitué des dictateurs africains, le porteur de valises des kleptocrates françafricains, me traite de mercenaire !
Cheikh Yérim Seck