SENTV : Le ministère de l’Industrie et du Commerce a réagi aux informations faisant état d’une contamination généralisée du riz vendu au Sénégal par des aflatoxines. Dans un communiqué, le département ministériel a démenti ces affirmations, tout en rappelant l’existence d’un dispositif permanent de contrôle sanitaire des denrées alimentaires.
Selon les autorités, les produits alimentaires commercialisés sur le territoire national, qu’ils soient issus de la production locale ou de l’importation, sont soumis à des contrôles de conformité avant leur mise en vente, mais également à des opérations régulières de surveillance après leur introduction sur le marché.
La Direction du Commerce intérieur, à travers sa Division de la Consommation et de la Sécurité des Consommateurs, indique avoir enregistré 2 059 résultats d’analyses entre janvier et juin 2026 sur plusieurs catégories de produits alimentaires. Ces contrôles ont été effectués par des structures spécialisées, notamment le Laboratoire national d’analyses et de contrôle (LANAC), l’Institut de technologie alimentaire (ITA), l’Institut Pasteur de Dakar, l’École supérieure polytechnique (ESP) et le CERES-Locustox.
Une étude ciblée, pas une enquête nationale
À l’origine de la polémique, le ministère évoque une étude pilote réalisée dans le cadre d’un programme de surveillance soutenu par la FAO et conduit par le Comité national du Codex.
Les autorités précisent que cette enquête a porté sur 200 échantillons de riz prélevés à Dakar, Thiès et Kaolack, principalement auprès de restauratrices. Elles estiment que ce nombre limité d’échantillons ne permet pas d’établir une conclusion sur l’ensemble du riz consommé dans le pays.
Le ministère rappelle ainsi que les résultats de cette étude doivent être interprétés avec prudence et ne peuvent être assimilés à une preuve de contamination généralisée du marché national.
Des seuils réglementaires au cœur du débat
Dans son communiqué, le ministère explique que les analyses ont notamment été comparées aux normes européennes, qui fixent un seuil maximal de 4 microgrammes par kilogramme (µg/kg) d’aflatoxines dans le riz.
Toutefois, le Sénégal applique les normes internationales du Codex Alimentarius (CXS 193-1995), qui autorisent une limite maximale de 20 µg/kg pour certaines mycotoxines. Le ministère affirme que la valeur la plus élevée détectée dans l’étude, soit 18,6 µg/kg, reste donc inférieure au seuil prévu par cette réglementation internationale.
Le riz de la Vallée du fleuve Sénégal écarté des accusations
Le département ministériel rejette également les informations évoquant une contamination de 50 % du riz local. Il précise qu’aucun des échantillons analysés dans le cadre de cette étude ne provenait de la Vallée du fleuve Sénégal, principale zone de production rizicole du pays.
Les autorités réaffirment leur volonté de maintenir un contrôle strict de la sécurité sanitaire des aliments. Elles assurent que les services compétents poursuivent leurs missions de surveillance et que tout produit présentant un risque pour les consommateurs est retiré du marché conformément aux dispositions réglementaires.
Face aux inquiétudes suscitées par cette affaire, le ministère appelle les populations à éviter toute panique et rappelle que les contrôles sanitaires demeurent une priorité dans la protection des consommateurs sénégalais.