Logement, santé et médicaments : le gouvernement mise sur trois chantiers pour améliorer le quotidien des Sénégalais
SENTV : DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE — Le gouvernement sénégalais entend accélérer les investissements à fort impact social. Présentant sa Déclaration de politique générale (DPG) ce mardi 8 septembre 2026 devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a placé le logement, les infrastructures sanitaires et la production pharmaceutique parmi les priorités de l’action gouvernementale.
500 000 logements d’ici 2035
Sur le front de l’habitat, l’Exécutif affiche une ambition de taille : réaliser 500 000 logements à l’horizon 2035.
Cette annonce intervient alors que le déficit national de logements est estimé à environ 300 000 unités, avec une concentration particulièrement importante dans la région de Dakar. Au-delà de la construction, le programme gouvernemental vise également à accompagner le renouvellement urbain et à répondre aux conséquences d’une urbanisation rapide.
Pour les autorités, le logement constitue ainsi à la fois une urgence sociale et un levier économique. La réalisation de centaines de milliers d’unités pourrait également soutenir les secteurs du BTP, des matériaux de construction et des services associés, avec des retombées attendues sur l’emploi.
Quatre hôpitaux régionaux de niveau 3 annoncés
La santé constitue le deuxième pilier de ce programme. Le gouvernement prévoit de renforcer l’offre hospitalière et de moderniser les plateaux techniques afin d’améliorer la prise en charge des patients dans les différentes régions du pays.
Quatre nouveaux établissements hospitaliers de niveau 3, d’une capacité annoncée de 350 lits chacun, sont prévus à Saint-Louis, Ziguinchor, Mbour et Kaolack. Leur réalisation devrait s’appuyer sur des partenariats public-privé (PPP), une formule appelée à prendre davantage de place dans le financement des grandes infrastructures sanitaires.
Cette orientation intervient dans un contexte où le système hospitalier sénégalais reste confronté à des besoins importants en capacités d’accueil, en équipements spécialisés et en réanimation. L’objectif affiché est de réduire progressivement les disparités territoriales dans l’accès aux soins.
La production locale de médicaments portée à 50 %
Troisième axe : la souveraineté pharmaceutique. Le gouvernement veut accélérer le développement d’une industrie pharmaceutique nationale capable de réduire la dépendance du Sénégal vis-à-vis des importations.
L’objectif de long terme est de porter à 50 % d’ici 2035 la couverture des besoins en médicaments par la production locale. Cette cible s’inscrit dans le plan national de relance de l’industrie pharmaceutique, qui prévoit notamment le développement d’unités de fabrication, le soutien aux investissements privés et la mise en place d’un environnement favorable à l’industrie locale.
Le cap fixé à 2035 n’est donc pas nouveau, mais la DPG lui donne une nouvelle dimension en l’intégrant aux priorités sociales et économiques de l’action gouvernementale.
Un pari social à concrétiser
À travers ces annonces, le gouvernement veut donner une traduction concrète à son ambition de transformation du pays : loger davantage de Sénégalais, rapprocher les structures hospitalières des populations et produire davantage de médicaments sur le territoire national.
Reste désormais l’étape la plus attendue : la mise en œuvre. Entre le financement des infrastructures, la mobilisation du secteur privé, la disponibilité du foncier et la capacité à respecter les échéances annoncées, ces projets constituent un important test pour l’Exécutif.