SENTV : L’enquête sur l’affaire « Kocc Barma » prend une nouvelle dimension. Après l’exploitation du téléphone d’El Hadji Babacar Dioum, alias « Kocc Barma », la Division spéciale de cybersécurité (DSC) élargit désormais ses investigations aux personnes susceptibles d’avoir été en contact avec le principal mis en cause.
L’instruction judiciaire connaît un nouveau tournant. Selon des informations rapportées par la presse, les enquêteurs ont réussi à accéder au contenu du téléphone d’El Hadji Babacar Dioum, détenu dans le cadre de cette affaire. L’exploitation de l’appareil aurait permis de récupérer plusieurs données susceptibles d’intéresser le magistrat instructeur.
Le téléphone serait notamment susceptible de livrer des informations sur les échanges entretenus par le mis en cause avec différents correspondants. Des numéros et des conversations auraient ainsi été identifiés, ouvrant la voie à de nouvelles vérifications sur le rôle éventuel de certaines personnes.
La DSC chargée de remonter la piste des correspondants
À la suite de ces découvertes, le doyen des juges d’instruction aurait élargi le champ de la délégation judiciaire confiée à la DSC. Les enquêteurs sont appelés à déterminer l’identité des personnes apparaissant dans les échanges et à établir, au cas par cas, leur éventuel degré d’implication.
L’objectif est notamment de vérifier si certains contacts ont pu jouer un rôle dans la collecte, la transmission ou la diffusion de contenus au cœur de la procédure. D’éventuelles interpellations pourraient intervenir si les investigations permettent de réunir suffisamment d’éléments, conformément aux règles de la procédure judiciaire.
Le volet téléphonique constitue également une piste importante. Des réquisitions doivent permettre aux enquêteurs d’identifier les lignes et abonnements enregistrés au nom d’El Hadji Babacar Dioum.
Cette démarche vise à reconstituer son environnement téléphonique et à mettre en perspective les différents contacts retrouvés dans les supports numériques exploités par les enquêteurs.
D’autres vérifications administratives sont également évoquées afin d’authentifier certains documents et écrits pouvant être liés au mis en cause ou à son entourage.
Les déplacements à l’étranger dans le viseur
L’enquête ne se limite toutefois pas aux données numériques. Les investigations portent également sur les déplacements d’El Hadji Babacar Dioum.
La Police des frontières devrait être sollicitée afin de retracer ses différentes sorties du territoire sur la période allant de 2017 à 2025. Cette reconstitution pourrait permettre aux enquêteurs de vérifier certaines hypothèses concernant les activités et les relations du mis en cause au cours de cette période.
La piste d’un éventuel réseau dépassant les frontières sénégalaises figure ainsi parmi les éléments examinés par les enquêteurs. À ce stade, cette hypothèse demeure toutefois soumise aux résultats de l’instruction.
« Kocc Barma » et « Leuk Daour » toujours au cœur du dossier
L’affaire concerne également El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », placé sous mandat de dépôt dans le cadre de la même procédure. Une confrontation entre les deux hommes avait déjà eu lieu en août 2025 devant le doyen des juges d’instruction.
El Hadji Babacar Dioum est notamment poursuivi pour des faits présumés liés à l’association de malfaiteurs, à la collecte et à la diffusion illicites de données à caractère personnel, à l’atteinte à la vie privée, à la diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs et à l’extorsion de fonds, entre autres infractions citées dans la procédure. L’APS avait rapporté en juillet 2025 son placement sous mandat de dépôt et les différents chefs retenus à son encontre.
L’exploitation du téléphone pourrait donc constituer une étape déterminante pour la suite de l’instruction. Les enquêteurs cherchent désormais à établir la nature exacte des relations entre les différents protagonistes et à déterminer si d’autres personnes pourraient être concernées par le dossier.