Dialogue national : l’APR claque la porte et dénonce une « consultation ciblée »
SENTV : L’Alliance pour la République a officiellement annoncé qu’elle ne participera pas au Dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye du 21 au 31 mai 2026. Dans un communiqué rendu public mardi 19 mai, le parti de l’ancien chef de l’État Macky Sall affirme qu’il « n’enverra aucun mandataire » à ces concertations.
Dans sa déclaration, l’APR remet en cause aussi bien la forme que le contenu de l’initiative présidentielle. Le parti estime que plusieurs acteurs politiques majeurs ont été écartés du processus, accusant le pouvoir de conduire des consultations sélectives.
« Le président de la République ignore délibérément des acteurs majeurs parmi les plus significatifs de l’espace public national », soutient la formation politique, qui considère le dialogue annoncé comme une « opération de consultation ciblée ».
Le parti présidentiel d’hier dit également constater un manque de clarté autour des contours des échanges annoncés. L’APR s’interroge notamment sur les termes de référence des concertations, les questions inscrites à l’ordre du jour, mais aussi sur « le timing », « le ciblage » et « les finalités » de cette initiative politique.
Dans son argumentaire, la formation de Macky Sall évoque aussi une entorse au cadre réglementaire régissant le Dialogue national. Selon elle, les consultations envisagées seraient « largement en deçà » des dispositions prévues par le décret de 2016 portant création et organisation du Comité de pilotage du Dialogue national.
L’APR estime enfin que la démarche actuelle marque une rupture avec « une tradition de dialogue républicain, transparent et inclusif », longtemps présentée comme un mécanisme de concertation entre pouvoir, opposition et société civile au Senegal.
Cette décision de boycott intervient dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes entre le nouveau pouvoir et l’opposition issue de l’ancien régime. Malgré l’appel au dialogue lancé par le chef de l’État, plusieurs acteurs politiques continuent de réclamer davantage de garanties sur l’inclusivité et les objectifs réels des concertations annoncées.