Matam : plus de 3 300 candidats aux examens sans acte de naissance, un défi persistant pour l’état civil
SENTV : À l’approche des examens de fin d’année, la question de l’état civil continue de préoccuper les autorités éducatives de la région de Matam. Selon les chiffres présentés lors du Comité régional de développement (CRD) consacré à l’organisation des examens, 3 389 candidats au CFEE et au BFEM sont inscrits sans disposer d’un acte de naissance.
Dans le détail, 3 191 élèves candidats au Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) et 198 candidats au Brevet de fin d’études moyennes (BFEM) sont concernés par cette situation. Un constat qui met en lumière les difficultés persistantes liées à l’enregistrement des naissances dans plusieurs localités de la région.
L’Inspection de l’éducation et de la formation (IEF) de Matam concentre le plus grand nombre de cas avec 1 545 candidats au CFEE et 147 au BFEM dépourvus de documents d’état civil. Elle est suivie par l’IEF de Kanel, qui recense 1 350 élèves au CFEE et 28 au BFEM dans la même situation. À Ranérou, 296 candidats au CFEE et 23 au BFEM sont également concernés.
Malgré cette absence de pièces administratives, les candidats ne seront pas privés de leur droit de composer. Les dispositions en vigueur permettent en effet leur participation aux examens afin de préserver leur parcours scolaire et d’éviter toute forme d’exclusion éducative.
Les autorités insistent toutefois sur la nécessité de régulariser rapidement ces situations. L’obtention d’un acte de naissance demeure une étape essentielle pour la constitution des dossiers scolaires, l’accès aux examens futurs et l’exercice de nombreux droits administratifs.
Pour l’année scolaire 2025-2026, l’académie de Matam compte 11 582 candidats au CFEE répartis dans 102 centres d’examen, 5 494 candidats au BFEM dans 68 centres et 5 023 candidats au Baccalauréat dans 25 centres.
Face à la persistance du phénomène, les services de l’État, les autorités judiciaires et les acteurs de la protection de l’enfance poursuivent les campagnes de sensibilisation et les audiences foraines destinées à faciliter l’établissement des actes de naissance. Toutefois, les obstacles d’ordre social, culturel et administratif continuent de freiner l’enregistrement systématique des enfants dès leur naissance.
Pour les responsables de la protection de l’enfance, la lutte contre le défaut d’état civil doit rester une priorité. Ils appellent à un renforcement des actions de proximité afin de garantir à chaque enfant une identité légale et un accès équitable aux services éducatifs.
Au-delà des chiffres, cette situation rappelle que l’état civil demeure un enjeu majeur de citoyenneté et d’inclusion dans plusieurs zones du nord du Sénégal.