Pastef hausse le ton contre Diomaye Faye sur les élections et les engagements pétroliers

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SENTV : À l’occasion d’un point de presse tenu dimanche, le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes a vivement critiqué la conduite de la session extraordinaire ouverte le 18 septembre. Les députés ont notamment dénoncé les incertitudes entourant le calendrier électoral et ce qu’ils considèrent comme un recul du gouvernement sur la validation parlementaire des contrats pétroliers.

Le ton est monté entre les rangs de Pastef-Les Patriotes et l’exécutif. Lors d’un point de presse organisé dimanche, le groupe parlementaire a exprimé de sérieuses réserves sur la gestion de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, ouverte le 18 septembre. Au cœur des critiques : la réforme relative à la carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO, l’absence de calendrier électoral clairement établi et les engagements pris en matière de gouvernance pétrolière.

À travers cette sortie, les députés ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « gestion chaotique » des travaux parlementaires. Ils estiment que plusieurs questions institutionnelles majeures restent sans réponses suffisamment précises, alors que des échéances importantes se profilent.

Le groupe parlementaire s’est particulièrement intéressé au projet de loi modifiant la législation de 2016 relative à la carte nationale d’identité biométrique de la CEDEAO. Selon les députés, cette réforme intervient dans un contexte marqué par l’approche de l’expiration de cartes nationales d’identité, ce qui soulève des interrogations sur les dispositions prévues pour garantir la continuité des documents et le bon déroulement des échéances électorales.

Pastef a également pointé du doigt le manque de visibilité sur le calendrier des prochains scrutins. « Personne ne maîtrise le calendrier électoral », ont dénoncé les parlementaires, selon les propos rapportés lors de leur déclaration.

Le groupe a, par ailleurs, vivement critiqué le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, auquel il reproche de ne pas avoir fixé la date des élections. Il considère cette situation comme contraire aux exigences constitutionnelles, au Code électoral et aux engagements liés à la fonction présidentielle.

Les députés ont également regretté que le président se soit exprimé sur cette question lors d’un déplacement à l’étranger, devant des médias internationaux, plutôt que dans le cadre d’une communication jugée appropriée au regard des enjeux nationaux.

Contrats pétroliers : le reproche d’un engagement abandonné

Au-delà des questions électorales, la déclaration de Pastef a porté sur la gouvernance du secteur des hydrocarbures. Le groupe parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme un recul de l’exécutif concernant la participation de l’Assemblée nationale à la validation des contrats pétroliers.

Les députés se sont notamment référés à la page 163 du document évoqué lors de leur intervention, dans laquelle figurait, selon eux, un engagement attribué au président Bassirou Diomaye Faye et au ministre chargé de l’Énergie.

La formulation citée par le groupe est explicite : « Nous soumettrons la validation des contrats pétroliers à l’approbation parlementaire préalable conformément à l’article 25-1 de la Constitution ».

Pour les parlementaires, l’évolution du texte ne correspondrait pas à cette promesse initiale. Ils dénoncent ainsi un « reniement » des engagements annoncés en matière de transparence et de contrôle parlementaire des contrats pétroliers.

Cette critique touche à un enjeu important de gouvernance des ressources naturelles : la place du Parlement dans le contrôle des décisions relatives à l’exploitation des hydrocarbures et la portée juridique des engagements pris par les autorités.

En associant les questions électorales à celles de la gouvernance pétrolière, Pastef place l’exécutif devant plusieurs demandes de clarification. Le groupe parlementaire réclame, dans les faits, davantage de visibilité sur les échéances électorales et une cohérence entre les engagements politiques annoncés et les textes soumis à l’examen des députés.

Les déclarations du groupe constituent toutefois une prise de position politique. Les accusations de violation des textes, tout comme celle d’un abandon des engagements sur les contrats pétroliers, nécessitent d’être confrontées aux dispositions juridiques applicables et aux versions successives des documents concernés.

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