Polémique sur les véhicules : Abdourahmane Diouf met en cause la gestion des fonds de la Primature par Sonko

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SENTV : La controverse autour des fonds politiques de la Primature connaît un nouvel épisode. Abdourahmane Diouf, ministre du Pétrole et de l’Énergie et responsable de la mouvance présidentielle, a vivement réagi aux déclarations d’Ousmane Sonko sur l’utilisation de ces ressources lorsqu’il était Premier ministre.

Le ministre est revenu sur les conditions dans lesquelles les véhicules de fonction étaient gérés sous la précédente équipe gouvernementale. Il affirme notamment avoir lui-même été confronté à des difficultés avec son véhicule lorsqu’il occupait le poste de ministre de l’Enseignement supérieur.

« Moi, quand j’étais ministre de l’Enseignement supérieur, mon véhicule était tombé en panne au milieu de la route alors que je me rendais à un match du Sénégal », a-t-il relaté.

Selon Abdourahmane Diouf, cette panne était intervenue à quelques jours d’un remaniement ministériel. Il assure qu’à cette période, les véhicules affectés aux membres du gouvernement étaient dans un état préoccupant.

Le ministre soutient surtout qu’Ousmane Sonko, alors Premier ministre, avait donné pour consigne de ne pas procéder à l’acquisition de nouveaux véhicules.

C’est précisément ce qui, selon lui, rend les déclarations ultérieures de l’ancien chef du gouvernement particulièrement surprenantes. Ousmane Sonko avait publiquement évoqué l’existence et l’utilisation de fonds politiques à la Primature, relançant ainsi le débat sur le fonctionnement et le contrôle de ces crédits.

En mai 2026, Sonko avait lui-même plaidé à l’Assemblée nationale pour un meilleur encadrement des fonds politiques et davantage de transparence dans leur utilisation.

« Ce ne sont pas n’importe quelles voitures »

Abdourahmane Diouf est ensuite passé à une accusation plus précise. Il affirme que des sommes importantes auraient été mobilisées pour l’acquisition de véhicules qu’il qualifie de voitures de grand luxe.

« Et ce ne sont pas n’importe quelles voitures, ce sont des Maybach, des voitures de luxe, avec des fonds politiques », a-t-il déclaré.

Cette affirmation doit toutefois être distinguée des éléments officiellement établis : les sources consultées rapportent bien les déclarations de Diouf sur les fonds politiques et les montants évoqués, mais elles ne permettent pas, à elles seules, de confirmer indépendamment que des Mercedes-Maybach ont effectivement été achetées avec ces fonds.

La Maybach est effectivement associée au segment automobile de très haut de gamme. Mercedes-Benz présente aujourd’hui Mercedes-Maybach comme sa gamme dédiée à l’exclusivité et au luxe.

La sortie d’Abdourahmane Diouf intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour de la gestion des fonds politiques de la Primature.

Fin juillet, le ministre avait déjà affirmé qu’Ousmane Sonko disposait d’une enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA, présentée comme étant allouée par trimestre, et qu’une rallonge aurait été demandée après utilisation de cette enveloppe. Cette affirmation a suscité des demandes d’explications dans la classe politique et la société civile.

Le chiffre a notamment été repris dans le débat public par Thierno Bocoum, qui a calculé qu’une enveloppe de 1,77 milliard par trimestre représenterait 14,16 milliards de francs CFA sur deux ans. De son côté, Babacar Ba a demandé à Abdourahmane Diouf de préciser si le montant évoqué était effectivement trimestriel ou annuel.

Au-delà du coût des véhicules, la controverse pose une question plus large : quelles dépenses peuvent être engagées sur les fonds politiques et quels mécanismes permettent d’en assurer le contrôle ?

Le sujet est d’autant plus sensible que les fonds spéciaux, dont relèvent les crédits politiques, sont traditionnellement associés à des dépenses nécessitant un degré particulier de confidentialité. Le débat actuel porte donc autant sur leur montant que sur leur utilisation et leur encadrement.

Pour Abdourahmane Diouf, une commission d’enquête parlementaire permettrait de faire la lumière sur l’utilisation de ces ressources. Il s’est déjà déclaré favorable à ce que les responsables concernés puissent s’expliquer devant les députés.

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