Procès Jérôme Bandiaky : cinq ans de prison requis contre « Sniper », le verdict attendu le 22 juillet

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SENTV : Le ministère public a requis, ce mercredi, une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de cinq millions de francs CFA contre Jérôme Bandiaky, alias « Sniper », poursuivi notamment pour détention illégale d’armes, escroquerie portant sur des avantages de l’État et usurpation de fonction. Son coaccusé, Sakory Ka, encourt pour sa part trois ans de prison ferme et une amende de deux millions de francs CFA. Le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar rendra sa décision le 22 juillet prochain.

À l’audience, Jérôme Bandiaky a contesté l’ensemble des faits mis à sa charge. Se présentant comme responsable de la société Sniper Sécurité, il a expliqué que les armes découvertes lors des perquisitions menées à Dakar et à Mbour étaient destinées aux activités de son entreprise de sécurité privée. Il a reconnu avoir acquis une arme factice auprès de Sakory Ka, tout en affirmant qu’elle n’avait qu’un caractère dissuasif.

Le prévenu a également soutenu que les passeports diplomatiques retrouvés en sa possession lui avaient été remis lorsqu’il assurait la protection rapprochée de l’ancienne Première ministre Aminata Touré. Quant au logement qui lui est reproché, il a indiqué qu’il lui avait été attribué dans le cadre de ses fonctions de garde du corps.

L’un des moments les plus marquants de l’audience est intervenu lorsque le président du tribunal a évoqué une vidéo extraite du téléphone portable de Jérôme Bandiaky, dans laquelle celui-ci apparaît manipulant un lance-grenades. Invité à s’expliquer, le prévenu a déclaré ne plus se souvenir du lieu de tournage avant de lancer : « Je suis amoureux des armes. »

Jérôme Bandiaky a également rejeté les déclarations d’un témoin affirmant l’avoir aperçu dans une propriété attribuée à Farba Ngom. Il a nié connaître ce témoin et assuré qu’il n’entretenait pas de bonnes relations avec l’ancien député.

De son côté, Sakory Ka a réfuté toute implication dans un trafic d’armes. Entrepreneur agricole et amateur de chasse, il a affirmé que toutes les armes en sa possession étaient régulièrement autorisées et a nié avoir vendu une arme factice à Jérôme Bandiaky.

Dans son réquisitoire, le parquet a estimé que les infractions relatives à la détention illégale d’armes étaient établies. Le ministère public a notamment relevé que certaines armes ne figuraient pas dans les fichiers des services compétents et que plusieurs éléments de l’enquête contredisaient les explications fournies par les prévenus sur leur origine.

La défense a, pour sa part, plaidé la relaxe. Les avocats de Sakory Ka ont soutenu que les autorisations administratives produites au dossier démontraient la légalité de la détention des armes. Ceux de Jérôme Bandiaky ont dénoncé un dossier à caractère politique, faisant valoir que leur client ne détenait qu’une arme factice ne nécessitant aucune autorisation et qu’aucun élément ne l’impliquait dans les affaires liées aux décès de Fulbert Samba et Didier Badji.

Après plusieurs heures de débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est attendu le 22 juillet 2026.

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