SENTV : Une collision entre deux trains près d’Urda, en Castille-La-Manche, a fait au moins 64 morts et plusieurs blessés, selon le bilan provisoire communiqué par les autorités régionales. L’accident, survenu mercredi matin à environ 150 kilomètres au sud de Madrid, mobilise d’importants moyens de secours. Les causes du drame ne sont pas encore connues.
L’Espagne est confrontée à une nouvelle tragédie ferroviaire. Deux trains appartenant aux compagnies Iryo et Renfe sont entrés en collision mercredi matin près d’Urda, dans la région de Castille-La-Manche. Le bilan provisoire fait état d’au moins 64 personnes décédées, tandis que plusieurs autres passagers ont été blessés, dont certains grièvement.
Selon les services d’urgence cités par l’Agence France-Presse (AFP), l’accident s’est produit à 8 h 54, heure locale. Le président régional, Emiliano García-Page, a précisé que 40 décès avaient été recensés dans le train exploité par Iryo et 24 dans celui de Renfe. Il a toutefois averti que le bilan pourrait encore s’alourdir.
Sur les lieux, les opérations de secours se poursuivent dans des conditions difficiles. Plusieurs voitures ont déraillé et se sont retrouvées en contrebas d’un talus. Pompiers, ambulanciers, policiers et agents de la Guardia Civil ont été mobilisés pour rechercher d’éventuels survivants et évacuer les victimes. Des hélicoptères survolent également la zone, tandis que des routes ont été fermées afin de faciliter l’intervention des équipes.
Pour l’heure, aucune explication officielle n’a été avancée sur l’origine de la collision. Les autorités régionales et la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, ont indiqué ne pas disposer d’informations permettant de déterminer les causes de l’accident.
L’enquête devra établir les circonstances précises du drame et les éventuelles responsabilités. Dans l’immédiat, la circulation ferroviaire entre Madrid et l’Andalousie a été interrompue, selon ADIF, l’organisme chargé de la gestion des infrastructures ferroviaires espagnoles.
La compagnie publique Renfe a annoncé recueillir les informations nécessaires pour évaluer l’ampleur de l’accident. Iryo, opérateur privé détenu majoritairement par le groupe ferroviaire italien FS, est également concerné par les investigations.
La catastrophe a suscité une vive émotion au sein des institutions espagnoles. Le Premier ministre Pedro Sánchez s’est déclaré consterné par le drame et a annoncé son déplacement sur les lieux. Le roi Felipe VI a, de son côté, exprimé sa peine face à cette tragédie.
L’accident intervient en pleine campagne pour les élections législatives anticipées prévues le 29 novembre. Le Parti socialiste espagnol (PSOE), dirigé par Pedro Sánchez, a suspendu ses activités de campagne jusqu’à jeudi. Le chef du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, a également fait part de sa préoccupation.
Les conséquences se font sentir au-delà du monde politique. Les 24 rencontres de la Coupe du Roi programmées dans la soirée ont été reportées, selon la Fédération espagnole de football.
À l’échelle européenne, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que l’Union européenne était prête à apporter son aide aux autorités espagnoles. Le président français Emmanuel Macron a également exprimé la solidarité de la France.
Ce nouveau drame ravive les inquiétudes concernant la sécurité ferroviaire en Espagne. Le 18 janvier dernier, une collision entre deux trains à grande vitesse à Adamuz, en Andalousie, avait fait 46 morts. L’accident avait relancé les discussions sur l’entretien des infrastructures et la sécurité des voyageurs.
À la suite de cette catastrophe, le gouvernement espagnol avait annoncé un investissement de 1,8 milliard d’euros destiné à améliorer la maintenance du réseau ferroviaire.
Le pays reste également marqué par le déraillement survenu en juillet 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui avait causé la mort de 80 personnes.