La mort de Soumaila Cissé « aggrave la crise de leadership politique » au Mali

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SENTV : Les obsèques du chef de file de l’opposition malienne, décédé le 25 décembre 2020, ont lieu ce vendredi au Mali.

La dépouille de l’ancien président de la commission de l’UEMOA est arrivée à Bamako, la capitale malienne, le 31 décembre en provenance de la France. Soumaila Cissé, est décédé du Covid-19, trois mois après sa libération. Il avait été maintenu otage pendant six mois par des djihadistes.

Son décès survient dans un contexte de crise politique au Mali. Peu avant sa libération, des militaires ont pris le pouvoir dans le pays renversant le régime d’Ibrahim Boubakar Keita, son rival qui l’a vaincu à deux reprises à la présidentielle de 2013 et 2018. Arrivée trois fois deuxième à la présidence en 2002, 2013 et 2018, Soumaila Cissé était considérée comme une alternative à Ibrahima Boubacar Keita mais aussi à la junte. A sa libération, ses partisans et plusieurs observateurs de la scène politique malienne pensaient le voir accéder à la magistrature suprême au terme de la transition de 18 mois. Mais le Covid-19 a mis fin à cette perspective. Il est mort le 25 décembre à Paris.

Le professeur Etienne Faka Ba Cissoko, directeur du centre d’analyse politique et économique du Mali, considère le décès de Soumaila Cissé comme « la perte de l’un des espoir pour sortir le Mali de cette grave crise ».

Soumaila Cissé
 
« Le Mali traverse l’une des plus graves crises de son existence. Soumaila Cissé a été de toutes les grandes élections de ces 20 dernières années. Et, il s’est toujours classé deuxième. Ce qui montre la force de propositions de l’homme mais aussi sa représentativité au sein de la population. Il n’y a pas de doute c’est une très grosse perte pour le Mali », explique l’analyste politique.

Le défunt chef de l’opposition laisse derrière lui un vide politique difficile à combler selon le Pr Cissoko.

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Mais ajoute-t-il, c’est surtout les idées politiques qu’il laisse derrière lui, son idéologie dont son parti est le seul héritier légitime.

« Il laisse une formation de cadres valeureux, C’est à eux de chercher dans un processus démocratique la personne idéale pour poursuivre le combat de Soumaila Cissé. Il est évident qu’au regard de son parcours politique, il a pu installer son parti sur tout le territoire malien. Il a su avoir une représentativité nationale. Cette assise politique sera tout l’enjeu de l’après-Soumaila. Mais ce qui est difficile à déterminer c’est le financement du parti URD sans son leader », indique M. Cissoko.

BBCA

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