SENTV : L’Union africaine (UA) a décidé de ne pas apporter de soutien officiel à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Une décision qui met en lumière de profondes divergences au sein de l’organisation continentale et soulève des critiques sur la méthode employée pour porter cette candidature.
Selon plusieurs sources diplomatiques, vingt États membres sur les cinquante-cinq que compte l’UA se sont opposés à l’initiative, insuffisante pour dégager un consensus. À l’origine de cette démarche, le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’organisation, dont la stratégie est aujourd’hui vivement contestée.
Au cœur des critiques : le recours à la « procédure silencieuse », un mécanisme permettant d’adopter une décision en l’absence d’objection formelle dans un délai donné. Or, plusieurs diplomates estiment que ce procédé n’était pas adapté à une candidature aussi stratégique. Les usages au sein de l’UA prévoient généralement un examen préalable par le comité des candidatures, suivi d’une validation par l’assemblée des chefs d’État.
« La démarche a court-circuité les étapes habituelles », confie un diplomate africain. D’autant que le délai accordé aux États pour réagir — 24 heures — a été jugé inhabituellement court, là où 48 heures sont traditionnellement observées. Une précipitation perçue par certains comme une tentative de passage en force.
Autre point de crispation : l’absence de consultation préalable du Sénégal, pays d’origine du candidat. Plusieurs capitales africaines s’interrogent sur cette omission, jugée incompréhensible dans un dossier de cette envergure.
En toile de fond, des considérations géopolitiques viennent également compliquer l’équation. Certains États rappellent qu’une rotation non écrite favoriserait cette fois-ci un candidat issu d’Amérique latine pour succéder à l’actuel secrétaire général de l’Organisation des Nations unies.
Malgré ces réserves, Macky Sall maintient sa candidature. Ses partisans affirment qu’il bénéficie du soutien d’une majorité d’États africains, avançant le chiffre de 35 pays favorables. Un argument qui reste toutefois contesté en l’absence d’une position officielle unifiée de l’UA.
Du côté des soutiens du président burundais, les critiques sont rejetées. Ils rappellent que la procédure silencieuse est conforme aux règles de fonctionnement de l’organisation et défendent la légitimité de l’initiative.
Reste que cette séquence laisse apparaître des fractures au sein de l’Union africaine, au moment où Évariste Ndayishimiye entame son mandat à la tête de l’institution. Pour plusieurs observateurs, cette controverse pourrait peser sur la cohésion de l’organisation et fragiliser ses premières orientations diplomatiques sur la scène internationale.