Nigeria : un général tué dans l’assaut d’une base militaire, l’insécurité fait près de 100 morts en une semaine
SENTV : La situation sécuritaire se détériore davantage dans le nord du Nigeria. Une attaque d’envergure menée par des groupes jihadistes contre une base militaire a coûté la vie à un officier supérieur et à plusieurs soldats, portant à près d’une centaine le nombre de morts enregistrés en quelques jours dans cette région en proie à des violences persistantes.
Une base militaire prise pour cible
L’assaut s’est produit dans la nuit de mercredi à jeudi à Benisheikh, localité située à environ 75 kilomètres de Maiduguri. Selon des sources sécuritaires et administratives, des combattants lourdement armés ont attaqué la base, détruisant plusieurs véhicules militaires et affrontant les troupes sur place.
Le général de brigade O.O. Braimah figure parmi les victimes, devenant ainsi le deuxième officier de ce rang tué en opération en l’espace de cinq mois. Des sources de renseignement évoquent également la mort d’au moins 18 soldats, bien que l’armée n’ait pas communiqué de bilan précis.
Une offensive attribuée aux groupes jihadistes
Bien que l’identité exacte des assaillants n’ait pas été officiellement confirmée, les soupçons se portent sur des factions actives dans la région, notamment Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Ces groupes multiplient depuis plusieurs mois les attaques contre des positions militaires et des localités civiles.
Selon des témoignages recueillis localement, les assaillants auraient pris temporairement le contrôle de la base avant d’incendier des équipements et des installations, puis de se replier.
Une spirale de violences dans le nord
Cette attaque s’inscrit dans une série de violences meurtrières ayant frappé le nord du pays ces derniers jours. Depuis le début de la semaine, au moins 90 personnes ont été tuées dans des raids menés contre des villages isolés, notamment dans l’État de Niger, où une attaque récente a fait entre 20 et 50 morts selon des sources locales.
Outre les groupes jihadistes, la région est également confrontée à des bandes criminelles armées, communément appelées “bandits”, responsables d’enlèvements massifs contre rançon et d’attaques répétées contre les populations civiles.
Une insurrection enracinée depuis 2009
Le Nigeria fait face depuis 2009 à une insurrection jihadiste déclenchée par Boko Haram, qui a depuis évolué en plusieurs factions rivales. Ce conflit prolongé a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes, en particulier dans le nord-est du pays.
Des organisations de suivi des conflits signalent une recrudescence récente des attaques, attribuée à des groupes affiliés à des réseaux jihadistes internationaux, notamment liés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Réactions internationales et inquiétudes croissantes
Face à cette dégradation sécuritaire, les États-Unis ont autorisé le départ de leur personnel non essentiel basé à Abuja. Washington a par ailleurs engagé le déploiement d’environ 200 soldats pour appuyer et former les forces nigérianes dans leur lutte contre les groupes armés.
Dans ce contexte, les autorités nigérianes sont confrontées à une pression accrue pour contenir l’expansion des violences et sécuriser durablement les régions du nord, devenues l’un des principaux foyers d’instabilité en Afrique de l’Ouest.