Gouvernance publique : Ousmane Sonko plaide pour une refonte en profondeur de l’Imprimerie nationale
SENTV : Face aux enjeux de sécurisation des documents officiels et de souveraineté administrative, le Premier ministre appelle à la création d’une Imprimerie nationale modernisée et mieux structurée.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a insisté, mercredi en Conseil des ministres, sur la nécessité urgente de doter le Sénégal d’une nouvelle Imprimerie nationale, moderne et performante. Une réforme qu’il présente comme un levier stratégique pour renforcer la gouvernance publique et garantir l’intégrité des actes administratifs.
Dans un contexte marqué par la volonté des autorités de consolider la souveraineté nationale et de rationaliser les dépenses publiques, le chef du gouvernement a dressé un état des lieux sans complaisance de cette structure clé de l’administration. Actuellement placée sous la tutelle du Secrétariat général du gouvernement, l’Imprimerie nationale fonctionne comme un service public administratif disposant d’une autonomie financière partielle.
Selon le communiqué officiel, Ousmane Sonko a retracé l’évolution de l’institution avant de pointer ses limites structurelles. Malgré un effectif jugé insuffisant, il a relevé l’existence d’un personnel qualifié ainsi que d’un parc d’équipements relativement diversifié, fruit des investissements consentis par l’État ces dernières années.
Une modernisation amorcée, mais encore incomplète
Le Premier ministre a toutefois salué certaines avancées, notamment dans le domaine de la transformation numérique. L’introduction de la publication الإلكترونية du Journal officiel, rendue possible par la loi n°2021-21, a permis le développement de l’application « Fatou », présentée comme une étape importante vers la dématérialisation des actes administratifs.
Malgré ces progrès, les performances de l’Imprimerie nationale restent en deçà des attentes. Sa mission demeure essentiellement centrée sur la publication des textes législatifs et réglementaires, limitant ainsi son potentiel d’expansion. En cause : un statut juridique inadapté et des capacités de production jugées insuffisantes.
Vers une réforme structurelle et un nouveau modèle économique
Pour remédier à ces insuffisances, Ousmane Sonko préconise une réforme en profondeur de l’institution. Celle-ci passerait notamment par la mise en place d’un nouveau cadre de gouvernance et l’adoption d’un modèle économique innovant, fondé sur des mécanismes de financement adaptés aux exigences actuelles.
Le projet inclut également le développement de partenariats stratégiques avec des acteurs capables d’apporter un appui technique et financier significatif, afin de moderniser les capacités de production. À cela s’ajoute une volonté de réduire progressivement les coûts liés à l’externalisation, tout en accélérant la digitalisation des services.
À travers cette initiative, le gouvernement entend positionner l’Imprimerie nationale comme un pilier central de la sécurisation des documents officiels, dans un contexte où la fiabilité et la traçabilité des actes publics constituent des enjeux majeurs pour l’État.