Cancer au Sénégal : un défi sanitaire majeur entre diagnostic tardif et accès limité aux soins spécialisés

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SENTV : Le cancer s’impose de plus en plus comme une préoccupation centrale de santé publique au Sénégal. Les autorités sanitaires et les spécialistes alertent sur une progression des cas, dans un contexte marqué par un diagnostic souvent tardif et des capacités de prise en charge encore limitées.

Une progression des cas de cancers les plus fréquents

Les données sanitaires et observations hospitalières convergent vers une augmentation des cancers les plus courants dans le pays, notamment les cancers du sein, du col de l’utérus et de la prostate. Ces pathologies représentent une part importante des consultations en oncologie dans les structures hospitalières de référence.

Les spécialistes soulignent que la majorité des patients sont diagnostiqués à des stades avancés, ce qui réduit considérablement les chances de guérison et alourdit la prise en charge médicale.

Un système de prise en charge sous pression

La lutte contre le cancer reste confrontée à des contraintes structurelles, notamment le manque d’équipements spécialisés et la concentration des services d’oncologie dans la capitale.

À Dakar, plusieurs structures jouent un rôle central dans la prise en charge, dont le Centre hospitalier national Dalal Jamm et d’autres services spécialisés rattachés aux établissements publics. Toutefois, l’accès aux traitements reste inégal sur le territoire national, en particulier pour la radiothérapie et certaines chimiothérapies coûteuses.

Dépistage et prévention : un enjeu crucial

Le Ministère de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal multiplie les campagnes de sensibilisation et de dépistage, notamment pour le cancer du col de l’utérus et celui du sein.

Des programmes de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) sont également déployés pour réduire les risques à long terme chez les jeunes filles. Malgré ces efforts, la couverture du dépistage reste jugée insuffisante par les professionnels de santé.

Les oncologues pointent plusieurs obstacles majeurs : manque de centres spécialisés en dehors de Dakar, insuffisance de plateaux techniques, coût élevé des traitements et retard dans le recours aux soins.

Cette situation entraîne une forte pression sur les structures hospitalières déjà saturées et limite la capacité de réponse du système de santé face à la demande croissante.

Une mobilisation encore insuffisante face à l’ampleur du phénomène

Face à cette montée des cas, les autorités sanitaires appellent à renforcer la prévention, améliorer l’accès au dépistage et développer davantage d’infrastructures spécialisées sur l’ensemble du territoire.

Dans un contexte où les maladies non transmissibles prennent une place croissante dans le profil épidémiologique national, le cancer apparaît désormais comme un enjeu prioritaire de santé publique au Sénégal.

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