Éducation : après la crise, le pari du rattrapage pour sauver l’année scolaire

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SENTV : La page des grèves semble se tourner dans le secteur de l’éducation. À la faveur du protocole d’accord signé avec le gouvernement, les syndicats d’enseignants regroupés au sein du G7 affichent désormais une même ligne : rattraper coûte que coûte le quantum horaire perdu, estimé à près de 150 heures, afin d’éviter une année blanche.

Après plusieurs mois de bras de fer, ponctués d’arrêts de travail et de tensions, l შეთანხმement conclu marque un tournant décisif. Sur le terrain, la reprise des cours s’accompagne d’un engagement ferme des enseignants à combler le déficit pédagogique. Une course contre la montre est lancée.

« Nous allons rattraper ce retard pour accompagner les élèves », a assuré Moustapha Signane, secrétaire général du Syndicat national des enseignants en langue arabe du Sénégal (Snems). Un discours qui se veut rassurant, alors que parents et élèves redoutaient les conséquences d’une année perturbée.

Même tonalité du côté des inspecteurs. Sémou Ndao, secrétaire général du Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal (Siens), insiste sur la responsabilité morale du corps enseignant : « Aucun enseignant n’a du plaisir à tourner le dos à ses élèves ». Pour lui, l’objectif est clair : « sauver l’année scolaire » en mobilisant tous les acteurs.

Au-delà de l’urgence pédagogique, les syndicats replacent leur combat dans une perspective plus large. El Hadj Malick Youm, du Saemss, souligne que l’accord dépasse les revendications corporatistes. Citant le philosophe John Dewey, il rappelle que « l’éducation est le moteur du développement » et que « l’école n’est pas la préparation à la vie, mais la vie ». Une manière de souligner l’enjeu national de cette sortie de crise.

Sur le terrain syndical, le ton se veut à la fois constructif et vigilant. Amidou Diédhiou, du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), salue « l’engagement et la résilience » des enseignants, notamment dans les zones les plus reculées. Il reconnaît également l’ouverture des autorités dans les négociations, tout en appelant à la prudence.

Car derrière l’accalmie, subsistent des interrogations. Les syndicats redoutent un scénario déjà vécu : des accords signés mais partiellement appliqués. « Nous avons souffert du non-respect des engagements par le passé », rappelle M. Diédhiou, appelant à un suivi rigoureux, avec un rôle central attendu du Premier ministre.

Désormais, l’enjeu est double : tenir la promesse du rattrapage et restaurer la confiance entre les acteurs du système éducatif. Dans les salles de classe, enseignants et élèves sont engagés dans une même bataille : celle du temps perdu.

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