Sénégal : vers des Assises nationales pour refonder l’état civil, annonce le DG de l’ANEC
SENTV : Réforme structurelle en perspective du système d’état civil au Sénégal. Le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), Matar Ndao, a annoncé la tenue prochaine d’Assises nationales consacrées à une refonte en profondeur du secteur, à l’issue d’une visite de travail à Touba.
En marge d’un partenariat avec la Cellule Zone Centre de la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS), le responsable a insisté sur la nécessité d’un état des lieux complet du dispositif actuel, estimant que plusieurs années de fonctionnement appellent aujourd’hui une évaluation approfondie.
Selon lui, l’ensemble des acteurs du secteur ont exprimé le besoin d’un cadre de concertation structuré. Le processus de préparation des assises serait déjà engagé à travers des échanges de correspondances administratives, en attendant leur validation officielle.
Le statut des agents au cœur des réformes envisagées
Parmi les priorités identifiées figure la question du statut des agents et officiers d’état civil. Matar Ndao a relevé l’absence d’un cadre juridique spécifique régissant ces personnels, un vide qui, selon lui, impacte la qualité et l’efficacité du service public.
L’ANEC plaide ainsi pour une meilleure structuration des ressources humaines, reposant sur des profils qualifiés et un encadrement institutionnel renforcé.
Le directeur général a également insisté sur la nécessité d’une plus grande implication des autorités religieuses, considérées comme des acteurs influents dans le tissu social, notamment dans certaines zones du pays.
Cap sur la modernisation et la dématérialisation
Autre axe majeur de réforme : la modernisation du système d’état civil. L’ANEC travaille sur un projet de loi visant à permettre aux citoyens d’accéder à distance à leurs actes d’état civil, sans contrainte liée à leur lieu de naissance.
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique de dématérialisation progressive, répondant aux défis de mobilité et aux limites du cadre juridique actuel, notamment le Code de la famille.
Des défis opérationnels à Touba
La visite à Touba a également mis en lumière plusieurs difficultés opérationnelles soulevées par les autorités locales. Parmi elles figurent les problèmes d’archivage, le besoin de formation des agents et l’harmonisation des registres.
La multiplication des centres secondaires dans la ville pose, selon les acteurs locaux, un défi d’organisation et de coordination, nécessitant une meilleure structuration ainsi qu’un renforcement des compétences, notamment dans l’usage des outils numériques.
Dans une logique de sensibilisation et de communication, Matar Ndao a sollicité l’accompagnement de la CJRS Zone Centre. Une prochaine séance de travail est envisagée afin de définir un plan d’action conjoint autour de la vulgarisation des enjeux liés à l’état civil.
Vers un état civil modernisé et accessible
À travers ces initiatives, les autorités ambitionnent de poser les bases d’un système d’état civil plus fiable, modernisé et accessible, en phase avec les mutations sociales et numériques du Sénégal.