Escroquerie présumée à Bargny : une commerçante gambienne accusée d’avoir soutiré plus de 673 millions FCFA à un grossiste
SENTV : Une affaire d’escroquerie présumée aux montants vertigineux secoue le milieu des affaires entre le Sénégal et la Gambie. Une commerçante gambienne, identifiée sous les initiales A. S. Tréra, a été placée en garde à vue après une plainte déposée par un opérateur économique sénégalais établi à Bargny.
Selon les informations rapportées par L’Observateur, le préjudice est estimé à 673,8 millions de francs CFA. Fait inhabituel, la mise en cause a été directement conduite au commissariat de Guédiawaye par le plaignant lui-même, sans intervention préalable des forces de l’ordre.
Une relation commerciale qui vire au contentieux
L’origine de l’affaire remonte à 2023, à Touba, où les deux parties nouent un partenariat commercial. Le grossiste sénégalais approvisionne la commerçante en lait en poudre, qu’elle exporte et revend en Gambie.
Au fil des mois, les retards de paiement s’accumulent, atteignant près de 200 millions de francs CFA. Malgré cette dette, la commerçante parvient, selon la même source, à maintenir la confiance de son partenaire.
En février 2026, A. S. Tréra aurait convaincu le commerçant de lui confier un important stock de riz évalué à 330 millions de francs CFA. L’opération devait permettre une revente rapide et un partage des bénéfices. Mais aucun paiement n’aurait été effectué.
Alerté, le plaignant se rend à Banjul, où il découvre que la marchandise a déjà été écoulée. Les fonds auraient servi à financer l’importation de conteneurs personnels depuis l’Europe, selon les éléments relayés par le quotidien.
Une nouvelle manœuvre financière
Quelques semaines plus tard, la commerçante revient vers son fournisseur avec une nouvelle requête. Elle sollicite 39 millions de francs CFA pour le dédouanement d’un stock de riz supposément bloqué en Gambie. Pour rassurer son partenaire, elle propose que la somme soit remise à son frère, domicilié à Dakar, chargé d’effectuer les démarches.
Là encore, aucun remboursement ne sera enregistré, aggravant le préjudice du commerçant.
Une procédure judiciaire enclenchée
Face à l’accumulation des pertes, M. Ndiaye décide de saisir la justice et conduit lui-même la suspecte au commissariat. Sur instruction du procureur de Pikine/Guédiawaye, A. S. Tréra a été placée en garde à vue pour escroquerie.
Malgré ses engagements de rembourser une partie de la dette « dans quelques semaines », les autorités judiciaires ont opté pour une mesure privative de liberté, le temps de poursuivre l’enquête.
Cette affaire met en lumière les risques liés aux transactions commerciales transfrontalières informelles, souvent basées sur la confiance plutôt que sur des garanties contractuelles solides.
Les investigations se poursuivent afin de déterminer les responsabilités exactes et d’évaluer les possibilités de recouvrement des fonds.