Bakel : un directeur d’école accuse des gendarmes de l’avoir violemment battu à Diyabougou, une enquête ouverte

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SENTV : Une affaire aux allures de bavure secoue actuellement le département de Bakel. À Diyabougou, village aurifère situé dans la commune de Sadatou, le directeur de l’école élémentaire, Adama Diao, affirme avoir été violemment agressé par des éléments de la gendarmerie alors qu’il tentait de s’approvisionner en eau, dans un contexte de pénurie aiguë marqué par une forte canicule.

Les faits se sont déroulés dans l’après-midi du samedi dernier, au niveau du poste frontalier de la gendarmerie installé dans cette localité de l’est du Sénégal. Selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, l’enseignant s’était rendu au poste avec trois bidons de 20 litres afin d’obtenir quelques réserves d’eau, les puits du village étant complètement asséchés depuis plusieurs semaines.

D’après la version rapportée par la victime, un gendarme lui aurait intimé l’ordre de quitter immédiatement les lieux sans accéder à sa demande. Une discussion tendue aurait alors éclaté. Malgré les supplications du directeur d’école, qui évoquait la situation critique des habitants confrontés au manque d’eau potable, l’échange aurait rapidement dégénéré.

Adama Diao soutient avoir ensuite été pris à partie par deux agents qui l’auraient frappé à l’aide de fils électriques ou métalliques. Il affirme avoir subi plusieurs blessures et des traumatismes visibles sur différentes parties du corps. Évacué vers une structure sanitaire de la zone, il a obtenu un certificat médical attestant de ses blessures, selon des sources proches du dossier.

Colère des enseignants et des populations

L’incident a provoqué une vive émotion à Diyabougou et dans les localités environnantes. Des habitants dénoncent des méthodes jugées brutales dans cette zone d’orpaillage artisanale où les tensions sociales restent fréquentes en raison du déficit d’infrastructures de base, notamment l’accès à l’eau.

La communauté éducative est également montée au créneau. Dans une déclaration rendue publique, des enseignants de la circonscription ont condamné des « violences inacceptables » et exigé que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Ils appellent les autorités judiciaires et administratives à garantir la protection des agents de l’éducation en service dans les zones reculées.

Selon des proches de l’enseignant, une plainte doit être déposée ce mardi auprès du procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Tambacounda.

La gendarmerie annonce une enquête interne

Face à l’ampleur prise par l’affaire, le commandement de la gendarmerie aurait ordonné l’ouverture d’une enquête interne afin de vérifier les circonstances exactes de l’incident et d’établir les responsabilités éventuelles.

À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a encore été publiée sur les conclusions préliminaires de cette enquête. Les investigations devraient notamment permettre de confronter les différentes versions des faits et de déterminer si un usage disproportionné de la force a été exercé.

Cette affaire remet en lumière les difficultés persistantes dans certaines zones frontalières du Sénégal oriental, où la rareté de l’eau, l’isolement et la pression liée aux activités d’orpaillage alimentent régulièrement des tensions entre populations civiles et forces de sécurité.

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