Dakar : à Castors, le bœuf devient un produit sous tension pour les ménages

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SENTV : Dans les allées du marché Castors, la hausse du prix de la viande se fait désormais sentir jusque dans les habitudes d’achat. Bouchers et consommateurs décrivent un marché sous pression, marqué par des difficultés d’approvisionnement et une progression du prix du kilogramme de viande bovine.

Selon les témoignages recueillis sur place, le kilo, auparavant vendu autour de 4 000 francs CFA, atteint désormais 5 500 francs CFA chez certains vendeurs. Une évolution qui pèse directement sur le budget des ménages.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de renchérissement de la viande à Dakar. Une enquête de l’Agence de presse sénégalaise (APS), réalisée en juin 2026, faisait état de prix pouvant atteindre 6 000 francs CFA le kilogramme dans certaines boucheries de la capitale, contre environ 3 500 francs CFA deux ans auparavant.

Le manque de bétail fait pression sur les prix

Pour plusieurs professionnels interrogés au marché Castors, la baisse des arrivages de bovins en provenance du Mali figure parmi les facteurs expliquant la situation actuelle.

Ousseynou Sy, vendeur de viande, estime que la diminution de l’offre de bétail malien a directement contribué à la hausse. « Le kilogramme était à 4 000 FCFA, maintenant il est à 5 500 FCFA », explique-t-il, soulignant les difficultés rencontrées pour maintenir un approvisionnement régulier.

Saliou Mboup, également vendeur, constate la même évolution et évoque un déficit de bovins en provenance du Mali. Les professionnels doivent composer avec des coûts d’achat plus élevés et une disponibilité moins importante du bétail.

Ces difficultés ne sont pas propres au marché Castors. L’APS avait identifié plusieurs causes à la hausse des prix de la viande à Dakar, parmi lesquelles la cherté de l’alimentation animale, l’insuffisance du cheptel et les perturbations des importations de bétail liées notamment à la situation sécuritaire dans certains pays de la région.

Les consommateurs réduisent leurs achats

Face à cette progression, les clients disent devoir revoir leurs habitudes. Sadio Diop, venue faire ses achats à Castors, estime que le budget consacré à la viande devient difficile à supporter.

« Le poulet est moins cher que la viande et le poisson », constate-t-elle, déplorant l’augmentation générale du coût des produits alimentaires.

Pour les familles, la contrainte est d’autant plus forte que la viande n’est pas le seul poste de dépense à subir la pression des prix. Seydou Maïga, père de famille, estime que 10 000 francs CFA ne suffisent plus à couvrir facilement les besoins alimentaires d’un ménage.

Une filière sous pression

Au-delà du prix affiché chez les détaillants, la situation renvoie aux difficultés structurelles de la filière bétail-viande. La SOGAS, qui assure notamment la gestion des abattoirs à Dakar, constitue un maillon important de cette chaîne d’approvisionnement. L’APS s’était d’ailleurs rendue dans ses installations de Pikine pour documenter les difficultés rencontrées par les acteurs du secteur.

Les données disponibles montrent également que le Sénégal reste dépendant des flux de bétail en provenance de la sous-région. Lors de la préparation de la Tabaski 2026, le gouvernement avait ainsi fait état d’importations de moutons provenant notamment du Mali et de la Mauritanie, parallèlement à la mobilisation de l’offre nationale.

À Castors, la hausse observée du prix du bœuf illustre donc une équation devenue difficile pour les acteurs du marché : disponibilité du bétail, coût de l’approvisionnement et capacité d’achat des consommateurs. Pour les ménages dakarois, chaque kilogramme acheté représente désormais une dépense à calculer avec davantage de précaution.

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