État civil au Sénégal : la transformation numérique franchit un cap avec deux tiers des centres déjà connectés
SENTV : Le chantier de modernisation de l’état civil sénégalais poursuit sa progression. L’Agence nationale de l’état civil (ANEC) a annoncé que 66 % des centres d’état civil du pays sont désormais intégrés dans le processus de numérisation, une étape majeure dans la réforme engagée pour améliorer l’accès aux services administratifs.
L’information a été communiquée jeudi par le directeur général de l’ANEC, Matar Ndao, lors de l’ouverture à Guédiawaye d’un atelier de formation de trois jours consacré à la maîtrise des outils numériques dédiés à l’état civil. Cette session réunit 36 officiers et agents provenant de douze centres, dans le cadre du renforcement des compétences des acteurs chargés de la gestion des registres administratifs.
Sur les 629 centres d’état civil recensés à travers le territoire national, près des deux tiers disposent désormais des infrastructures nécessaires à la gestion numérique des actes. Selon Matar Ndao, cette modernisation repose notamment sur l’installation de logiciels spécialisés, l’utilisation de la plateforme « Sama État civil » et le renforcement des équipements de connexion.
Grâce à cette plateforme, les citoyens peuvent effectuer certaines démarches administratives à distance, notamment les demandes d’extraits ou d’actes d’état civil, réduisant ainsi les délais de traitement et les déplacements vers les services concernés.
Pour accélérer le déploiement du programme, l’ANEC a adopté une stratégie territoriale consistant à intervenir progressivement dans chaque zone du pays. Cette méthode permet d’identifier les difficultés techniques ou organisationnelles rencontrées dans les centres et d’y apporter des solutions adaptées avant de passer à une autre région.
« L’objectif est de résoudre durablement les contraintes observées sur le terrain afin d’assurer un fonctionnement optimal du système », a expliqué le directeur général de l’agence.
Dans la région de Dakar, le processus est presque achevé. Seuls cinq centres d’état civil restent à intégrer au dispositif numérique sur les 77 que compte la capitale et sa périphérie.
La réforme ne se limite pas au territoire national. Les autorités préparent également le déploiement d’un système d’état civil consulaire destiné aux Sénégalais établis à l’étranger. Le développement technique de cette plateforme est finalisé et des concertations avec les représentations diplomatiques et consulaires sont annoncées pour les prochaines semaines.
Par ailleurs, la question du statut des officiers et agents de l’état civil demeure au cœur des discussions. Les réflexions engagées par les autorités visent à créer un corps professionnel spécifique afin de mieux reconnaître leur rôle, renforcer leurs conditions de travail et sécuriser davantage leurs parcours professionnels.
Avec cette accélération de la numérisation, l’État sénégalais ambitionne de moderniser durablement la gestion de l’état civil, un secteur stratégique pour l’administration publique et l’accès des citoyens à leurs droits fondamentaux.