SENTV : Le dossier de la dette publique sénégalaise continue de peser sur les discussions entre les autorités et le Fonds monétaire international (FMI). Alors que plusieurs travaux de vérification ont déjà été menés par des institutions nationales et internationales, l’institution financière de Washington souhaite désormais qu’un nouvel audit indépendant soit conduit par un cabinet international privé afin de consolider la crédibilité du processus de vérification.
Cette exigence a été réaffirmée par la directrice de la communication du FMI, Julie Kozack, selon laquelle la reprise pleine et entière de la coopération financière avec le Sénégal reste liée à des avancées dans plusieurs domaines, notamment la clarification définitive de la situation de la dette publique.
Selon le FMI, un audit international indépendant pourrait contribuer à renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers en apportant des garanties supplémentaires sur les chiffres et les méthodes de vérification utilisées jusqu’ici.
Le débat autour de la dette sénégalaise s’est intensifié à la suite des déclarations des nouvelles autorités en 2024 évoquant l’existence d’engagements financiers insuffisamment retracés dans les comptes publics antérieurs.
Cette question avait conduit à plusieurs opérations de contrôle et d’évaluation, notamment par l’Inspection générale des finances (IGF), puis par la Cour des comptes, avant qu’un audit ne soit confié au cabinet international Forvis Mazars.
Selon différentes sources, cet audit aurait permis d’identifier des écarts entre certaines données financières officielles et les niveaux d’engagements effectivement constatés. Toutefois, le rapport du cabinet n’a jamais été rendu public, alimentant les interrogations de l’opposition, de la société civile ainsi que de plusieurs acteurs économiques.
Lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale organisées en 2024, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, avait salué les efforts des autorités sénégalaises en matière de transparence budgétaire et de clarification des comptes publics.
Quelques semaines plus tard, le chef de mission du FMI pour le Sénégal, Edward Gemayel, avait également évoqué l’importance de disposer d’une évaluation précise de l’ensemble des engagements financiers du pays afin de rétablir la confiance des investisseurs et des bailleurs.
Ces différentes déclarations ont contribué à maintenir le sujet au centre des discussions entre Dakar et ses partenaires internationaux.
Face aux préoccupations exprimées par les institutions financières internationales, le Sénégal a engagé plusieurs réformes visant à améliorer la gouvernance budgétaire et la gestion de la dette publique.
Les autorités travaillent notamment sur l’harmonisation des mécanismes de suivi des engagements financiers de l’État ainsi que sur le renforcement des procédures de contrôle afin d’éviter la répétition de dysfonctionnements éventuels.
Cependant, selon des sources proches du ministère des Finances, aucune discussion formelle n’aurait encore été engagée avec le FMI concernant l’organisation d’un nouvel audit international indépendant.
L’éventualité d’une nouvelle mission d’audit soulève désormais plusieurs interrogations : les précédents rapports ont-ils permis d’établir une photographie complète de la dette publique ? Un nouvel examen est-il nécessaire pour rassurer définitivement les marchés et les partenaires du Sénégal ?
Dans un contexte marqué par la recherche de financements extérieurs et la nécessité de relancer l’investissement, la réponse à ces questions pourrait jouer un rôle déterminant dans la normalisation des relations entre Dakar et le FMI ainsi que dans la restauration de la confiance des investisseurs internationaux.