Sénégal : Amnesty International réclame la fin des peines de prison pour les délits de presse

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SENTV : Le climat médiatique au Sénégal demeure marqué par des tensions persistantes entre les autorités et les professionnels des médias, selon le rapport annuel 2025/2026 d’Amnesty International. L’organisation de défense des droits humains y relève plusieurs préoccupations relatives à la liberté d’expression et au traitement réservé à certains acteurs de la presse.

D’après ce rapport, bien qu’une loi sur l’accès à l’information ait été adoptée afin de promouvoir un débat public plus transparent et constructif, des restrictions continuent d’affecter le secteur médiatique. Amnesty International affirme notamment que plusieurs organes de presse ont vu leur diffusion suspendue par les autorités, citant des cas intervenus en novembre, liés à la diffusion d’interviews accordées à une personne recherchée.

L’organisation pointe également une application jugée restrictive du Code de la presse, susceptible de limiter l’expression journalistique. Elle s’inquiète en particulier du maintien de sanctions pénales dans des affaires liées à l’opinion ou à la liberté d’expression.

Le rapport mentionne à ce titre les condamnations de certains chroniqueurs, dont Abdou Nguer, reconnu coupable d’« offense au chef de l’État », ainsi que Badara Gadiaga, condamné pour des propos qualifiés de « discours contraires aux bonnes mœurs », selon les éléments rapportés.

Face à ces situations, Amnesty International appelle les autorités sénégalaises à engager une réforme du cadre légal. L’organisation recommande notamment la suppression des peines de prison pour les délits de presse et la priorité donnée à des sanctions financières, conformément aux standards de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

Amnesty estime qu’une telle évolution permettrait de mieux garantir la liberté d’expression et de renforcer les conditions d’un journalisme indépendant au Sénégal.

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