Maladies non transmissibles : les élus de Dakar appelés à renforcer la prévention par l’alimentation
SENTV : La prévention des maladies non transmissibles passe aussi par l’alimentation. C’est le message porté ce jeudi 3 septembre 2026 à Dakar, à l’occasion d’un atelier destiné à renforcer les capacités des élus locaux sur les liens entre alimentation, étiquetage des produits et santé publique.
La rencontre, organisée par la Ville de Dakar dans le cadre du projet Dakar PHC – Partnership for Healthy Cities, a réuni plusieurs acteurs autour d’un enjeu devenu central : permettre aux consommateurs de mieux identifier la composition des produits alimentaires, notamment leur teneur en sel, en sucre et en matières grasses.
Présent à l’ouverture des travaux, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour freiner la progression des maladies non transmissibles. Hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires et maladies rénales chroniques figurent parmi les pathologies concernées.
La prévention au cœur des politiques locales
Pour les autorités sanitaires, l’action ne doit pas se limiter à la prise en charge des malades. Elle doit également intervenir en amont, en agissant sur les principaux facteurs de risque liés aux modes de vie.
Les données issues de l’enquête STEPS 2024 montrent l’ampleur du défi. Selon le ministère de la Santé, 28,2 % des adultes au Sénégal souffrent d’hypertension, tandis que plus d’un quart présentent une hypercholestérolémie. Le ministère souligne également que l’alimentation déséquilibrée, la sédentarité, le tabagisme et la consommation nocive d’alcool constituent des facteurs importants de risque.
La politique sanitaire nationale accorde ainsi une place croissante à la prévention et à la promotion de comportements favorables à la santé. Le gouvernement a d’ailleurs engagé l’élaboration d’un Plan national de Prévention et de Promotion de la Santé, avec l’objectif de renforcer cette approche préventive.
Mieux informer pour favoriser de meilleurs choix
L’étiquetage alimentaire apparaît, dans cette stratégie, comme un outil d’information du consommateur. Une meilleure visibilité sur les quantités de sel, de sucre et de matières grasses peut permettre aux populations de comparer les produits et d’adapter leurs choix alimentaires.
L’enjeu concerne particulièrement les enfants et les personnes vulnérables. À travers la mobilisation des collectivités territoriales, l’objectif est également de favoriser l’émergence d’environnements alimentaires plus sains, notamment dans les espaces fréquentés par les jeunes.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large du ministère de la Santé, qui considère l’alimentation et l’activité physique comme des leviers essentiels de prévention des maladies non transmissibles.
À Dakar, les autorités veulent donc faire de la prévention une responsabilité partagée entre l’État, les collectivités, les professionnels de santé, les partenaires et les citoyens. Une orientation qui vise, à terme, à réduire le poids des maladies chroniques sur les populations et sur le système de santé.