SENTV : Une enquête menée par la Brigade de Recherches de Keur Massar a permis de remonter la piste d’un système présumé de fraude reposant sur l’usurpation d’identité et le remplacement irrégulier de cartes SIM. Deux hommes, B.C. Ndione et F. Ndiaye, ont été interpellés puis déférés devant le procureur de la République dans le cadre de cette affaire.
Le dossier serait parti de plusieurs réclamations enregistrées par le service de l’Inspection générale de la Sonatel. Des clients avaient signalé des changements d’abonnés effectués à leur insu, suivis d’opérations suspectes sur leurs comptes Orange Money ou bancaires.
Des victimes privées de réseau avant de découvrir la fraude
Selon les éléments de l’enquête rapportés dans cette affaire, plusieurs victimes ont indiqué n’avoir jamais demandé le remplacement de leur carte SIM. Elles auraient, dans un premier temps, constaté une interruption inhabituelle du réseau sur leur ligne avant de découvrir que des opérations financières avaient été réalisées frauduleusement.
Face à la multiplication de ces signalements, la Sonatel a saisi la Brigade de Recherches de Keur Massar, avec un procès-verbal contenant notamment des informations techniques susceptibles d’aider les enquêteurs à identifier les auteurs.
Une fausse identité pour récupérer les cartes SIM
Les investigations ont permis de mettre en lumière un mode opératoire particulièrement élaboré.
D’après les éléments recueillis, F. Ndiaye, qui avait auparavant travaillé pour le plaignant M. Sall, aurait eu accès à certaines données figurant sur la pièce d’identité de ce dernier. Ces informations auraient ensuite servi à confectionner une fausse carte nationale d’identité.
Le document aurait été utilisé pour effectuer plusieurs changements frauduleux de cartes SIM auprès de points de vente de l’opérateur.
Une fois les nouvelles puces récupérées, celles-ci auraient été introduites dans des téléphones portables afin de recevoir les communications et codes de sécurité associés aux comptes ciblés.
Les enquêteurs soupçonnent ensuite les mis en cause d’avoir utilisé l’application CBAO Mobile pour modifier les paramètres d’accès avant d’effectuer plusieurs transferts de fonds vers des comptes Orange Money et Wave.
Les investigations font notamment état d’une opération réalisée le 31 juillet 2026 à Keur Massar, avec un transfert de 530 000 FCFA vers le compte attribué au complice.
Le 4 août, deux retraits d’un million de francs CFA chacun auraient également été effectués. Une autre opération frauduleuse est ensuite signalée le 10 août 2026.
Au total, le préjudice évoqué dans la procédure est estimé à 5 millions de francs CFA, au détriment de M. Sall et de la Sonatel.
Le premier suspect identifié grâce aux traces techniques
Pour remonter jusqu’aux suspects, les enquêteurs ont exploité plusieurs éléments techniques, notamment les flux de communication, les journaux d’appels et les données issues des antennes-relais.
Cette démarche a conduit à l’identification de B.C. Ndione, âgé de 22 ans, étudiant et domicilié à Keur Massar. Il a été placé en garde à vue le 29 août 2026.
Selon les éléments de la procédure, il aurait reconnu son implication dans les faits et aurait cité F. Ndiaye comme complice. Il aurait notamment admis avoir récupéré certaines cartes SIM et participé à des opérations financières frauduleuses.
Les déclarations du premier mis en cause ont orienté les enquêteurs vers F. Ndiaye, âgé de 27 ans et présenté comme agent comptable, domicilié à Ouest-Foire.
Après des investigations complémentaires, ce dernier a été localisé puis interpellé le 31 août 2026.
Une perquisition effectuée à son domicile aurait permis aux gendarmes de découvrir plusieurs téléphones, des cartes SIM provenant de différents opérateurs ainsi que deux fausses cartes d’identité contenant les données de la victime, selon les éléments rapportés dans le dossier.
Les enquêteurs ont également exploité des relevés bancaires, des traces de connexion et différents éléments techniques pour consolider leurs investigations.
À l’issue de la procédure, B.C. Ndione et F. Ndiaye ont été déférés devant le procureur de la République, Saliou Dicko. Ils sont poursuivis, selon les éléments communiqués dans cette affaire, pour association de malfaiteurs, usurpation d’identité, faux et usage de faux en écriture publique et escroquerie portant sur un préjudice estimé à 5 millions de francs CFA.
L’affaire est désormais entre les mains de la justice, qui devra apprécier les charges retenues contre les deux mis en cause et déterminer les suites judiciaires à donner au dossier.