Financement de la santé en Afrique : à Ouagadougou, le Sénégal défend une stratégie axée sur souveraineté et innovation
SENTV : Le Sénégal a réaffirmé son ambition de bâtir un système de santé plus autonome et performant lors du Forum national pour le financement de la santé, tenu du 25 au 27 mars 2026 à Ouagadougou. La délégation sénégalaise était conduite par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy.
Placée sous le très haut patronage du président burkinabè, Ibrahim Traoré, cette rencontre de haut niveau a rassemblé décideurs africains, experts et partenaires techniques autour d’un enjeu majeur : « Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire ».
Véritable cadre de concertation continentale, le forum a permis d’engager des discussions approfondies sur les réformes structurelles indispensables à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030, ainsi qu’à l’accélération de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU).
Au cœur des échanges : la question cruciale de la mobilisation durable des ressources dans un contexte marqué par la pression budgétaire et les défis sanitaires persistants.
Le Sénégal plaide pour un modèle résilient et souverain
Intervenant lors d’un panel ministériel dédié, le Dr Ibrahima Sy a détaillé la vision sénégalaise d’un système de santé renforcé, articulé autour de plusieurs axes stratégiques.
En premier lieu, le ministre a insisté sur la nécessité d’aligner les politiques de santé sur les ambitions de transformation nationale, notamment à travers l’Agenda « Sénégal 2050 », qui vise une souveraineté accrue dans les secteurs clés.
Il a également mis en avant l’importance de diversifier les sources de financement, en misant sur des mécanismes endogènes et des approches innovantes, tout en appelant à une implication plus soutenue du secteur privé.
Réduire les inégalités d’accès aux soins
Sur le plan social, le ministre a souligné l’urgence d’accélérer la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle, afin de réduire significativement les dépenses directes supportées par les ménages, souvent un frein majeur à l’accès aux soins.
Par ailleurs, l’accent a été mis sur l’amélioration de la gouvernance financière du secteur, avec un plaidoyer en faveur d’une gestion plus rigoureuse des ressources publiques, appuyée par la digitalisation pour renforcer transparence et performance.
Prévention et anticipation au cœur des priorités
Enfin, le Sénégal a réaffirmé son engagement à renforcer les investissements dans la prévention et la promotion de la santé, considérées comme des leviers essentiels pour réduire la charge des maladies et améliorer durablement les indicateurs sanitaires.
À travers cette participation active, Dakar confirme sa volonté de jouer un rôle moteur dans les dynamiques africaines de réforme des systèmes de santé, dans un contexte où la quête de souveraineté sanitaire s’impose désormais comme une priorité stratégique pour le continent.






