Contrat d’armement de 45 milliards FCFA : la justice sénégalaise accélère, deux personnes écrouées

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SENTV : Le dossier explosif du marché d’armement de 45 milliards de francs CFA, conclu sous l’ancien régime, connaît une nouvelle accélération judiciaire. Longtemps restée sans évolution notable, l’affaire a été relancée après une plainte déposée par l’Agent judiciaire de l’État (AJE), entraînant plusieurs développements majeurs devant la justice financière sénégalaise.

Selon des révélations du quotidien Libération publiées ce mardi, deux personnes impliquées dans la procédure ont été inculpées puis placées sous mandat de dépôt par le juge du troisième cabinet financier chargé du dossier.

Un contrat controversé signé sous l’ancien régime

Au cœur de cette affaire figure un marché d’armement estimé à 45 milliards FCFA, signé le 30 décembre 2021 sous la présidence de Macky Sall.

Présenté comme relevant du « secret défense », le contrat portait sur l’acquisition de matériels militaires destinés au ministère de l’Environnement, notamment aux services des Eaux et Forêts.

Le marché avait rapidement suscité des interrogations en raison des conditions de son attribution. Selon plusieurs éléments du dossier, le contrat aurait été confié à la société Lavie Commercial Brokers-SUARL, une entreprise créée seulement quelques semaines avant la signature de la convention.

Le rôle central d’un intermédiaire nigérien

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement à un homme d’affaires nigérien identifié comme Aboubacar H., surnommé « Petit Boubé ». Considéré comme intermédiaire dans l’opération, il est cité dans plusieurs dossiers similaires en Afrique de l’Ouest.

D’après les informations relayées par Libération, le parquet financier a requis un mandat d’arrêt international contre lui. Les investigations le présentent comme le principal bénéficiaire présumé d’un système financier opaque reposant sur l’utilisation d’une société écran.

Des soupçons de rétrocommissions signalés par la CENTIF

L’affaire avait déjà attiré l’attention de la CENTIF, qui avait produit un rapport faisant état de mouvements financiers jugés suspects.

Les analyses de la cellule de renseignement financier évoquent notamment des soupçons de rétrocommissions et de transferts de fonds pouvant s’apparenter à des mécanismes de blanchiment ou de détournement de ressources publiques.

Ces éléments ont contribué à relancer les investigations judiciaires après plusieurs mois d’inertie.

Le dossier prend également une dimension politique. Un autre volet de l’enquête a été transmis à la Haute Cour de Justice, juridiction compétente pour juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Selon les informations disponibles, un ancien ministre serait directement mis en cause dans la procédure. Son identité n’a toutefois pas encore été officiellement communiquée.

Une affaire sensible pour les autorités judiciaires

Cette relance judiciaire intervient dans un contexte de multiplication des enquêtes liées à la gestion des marchés publics et à l’utilisation des fonds de l’État sous les précédentes administrations.

Les autorités judiciaires cherchent désormais à établir les responsabilités de chaque acteur impliqué dans ce contrat controversé, considéré comme l’un des dossiers financiers les plus sensibles de ces dernières années au Sénégal.

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