Grève des transporteurs : 72 heures de blocage annoncées, le dialogue dans l’impasse

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SENTV : Le secteur du transport routier sénégalais s’achemine vers une nouvelle zone de turbulences. Les syndicats ont décrété un arrêt de travail de 72 heures à compter du lundi 30 mars, faisant planer le spectre d’une paralysie partielle ou totale du pays.

À l’origine de ce bras de fer, des négociations jugées infructueuses entre les représentants des transporteurs et les autorités. Le secrétaire général du Syndicat des transports routiers du Sénégal, Fallou Samb, a confirmé le maintien du mot d’ordre de grève, dénonçant un « manque de sérieux » et une entorse aux règles de concertation.

Une rupture sur fond de désaccords procéduraux

Selon les responsables syndicaux, la rupture est intervenue lors d’une réunion marquée par des tensions sur sa composition. En cause : la présence d’un acteur présenté comme conseiller ministériel, mais non signataire du préavis de grève. Une situation perçue comme une violation des cadres habituels de négociation.

Autre point de crispation, l’absence initiale du ministre en charge du dossier, interprétée par les syndicats comme un signal de désengagement. Le format élargi des discussions a également été critiqué, les transporteurs estimant qu’il empêchait d’aborder en profondeur les aspects techniques de leurs revendications.

Une seconde tentative de rapprochement n’a pas permis de lever les divergences. La Fédération des syndicats des transports routiers affirme toutefois maintenir une porte ouverte au dialogue, mais exige désormais des échanges restreints aux seuls signataires du préavis.

Reconnaissance syndicale et climat de défiance

Au cœur des revendications figure également la question de la reconnaissance officielle d’une nouvelle structure syndicale, mise en place le 16 février 2026. Les transporteurs dénoncent un refus des autorités, qu’ils interprètent comme une volonté de fragiliser leur organisation.

Dans ce climat de défiance, les griefs dépassent le seul cadre institutionnel. Les professionnels du secteur pointent du doigt des pratiques récurrentes sur les axes routiers, évoquant des cas de « harcèlement » et de « corruption ». Ils réclament en outre l’application effective des accords portant sur la réduction des points de contrôle.

Un impact redouté sur l’économie

Si elle est suivie, cette grève de 72 heures pourrait fortement perturber la mobilité urbaine et interurbaine, avec des répercussions attendues sur le commerce, l’approvisionnement des marchés et les activités économiques.

Les autorités, de leur côté, n’ont pas encore officiellement réagi à l’annonce de ce mouvement. Dans un contexte social déjà sensible, l’issue des prochaines heures sera déterminante pour éviter un blocage prolongé du secteur.

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