Hydrocarbures, recettes en hausse et déficit contenu : le Sénégal boucle 2025 sur une note de rigueur budgétaire
SENTV : Le Ministère des Finances et du Budget du Sénégal a publié son rapport d’exécution budgétaire arrêté au 31 décembre 2025, mettant en lumière une gestion jugée rigoureuse des finances publiques dans un contexte de montée en puissance du secteur des hydrocarbures.
Le document dresse un tableau globalement positif, marqué par une forte mobilisation des recettes, une maîtrise relative des dépenses et une réduction du déficit budgétaire, malgré des contraintes persistantes sur certains postes d’investissement.
Une croissance soutenue par les hydrocarbures
L’économie sénégalaise a enregistré une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 6,7 % en 2025, contre 6,5 % en 2024. Cette progression est principalement attribuée au démarrage du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et à l’exploitation à plein régime du champ pétrolier de Sangomar.
À ces performances s’ajoute une campagne agricole jugée satisfaisante. Dans le même temps, l’inflation a été contenue à 1,4 % en moyenne annuelle, sous l’effet conjugué de la baisse des prix internationaux des denrées alimentaires et des mesures de soutien mises en œuvre par l’État.
Les ressources budgétaires ont atteint 4 477,1 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation de 98,8 % par rapport aux prévisions de la loi de finances rectificative.
Dans le détail, les recettes fiscales se sont élevées à 4 087,4 milliards de FCFA, en hausse de 10,3 % sur un an. Cette progression est portée notamment par les impôts directs, en particulier l’impôt sur les sociétés, stimulé par les activités extractives.
Les recettes non fiscales affichent une hausse notable de 55,7 %, atteignant 287,4 milliards de FCFA, grâce aux revenus du domaine et aux premières retombées de l’exploitation pétrolière et gazière.
En revanche, les dons extérieurs restent en retrait, avec 102,3 milliards de FCFA mobilisés, soit seulement 60,2 % des objectifs fixés.
Dépenses publiques : le poids du social et de l’énergie
Les dépenses totales se chiffrent à 5 864,6 milliards de FCFA. Les dépenses ordinaires, exécutées au-delà des prévisions (100,6 %), sont dominées par la masse salariale et les transferts courants.
La masse salariale a atteint 1 454,1 milliards de FCFA pour plus de 191 000 agents publics, avec une forte concentration dans les secteurs de l’éducation et de la formation, qui absorbent près de 60 % de ce montant.
Les transferts courants se sont élevés à 1 456,0 milliards de FCFA, dont une part significative (412,6 milliards) dédiée au soutien du secteur énergétique, notamment à travers des subventions tarifaires.
Par ailleurs, le service de la dette a représenté 1 088,1 milliards de FCFA, majoritairement au titre de la dette extérieure.
Les dépenses d’investissement, quant à elles, ont été exécutées à hauteur de 1 471,8 milliards de FCFA, soit 78,4 % des prévisions, un niveau freiné par des contraintes techniques et administratives.
Le déficit budgétaire s’établit à 1 387,5 milliards de FCFA, soit 6,44 % du PIB, en amélioration par rapport à l’objectif initial de 7,82 %. Cette performance s’explique par une mobilisation des recettes conforme aux attentes et une exécution prudente des dépenses.
L’État a également poursuivi l’assainissement de ses finances publiques avec l’apurement des arriérés de paiement à hauteur de 474,0 milliards de FCFA (94,6 % de réalisation). Si le secteur de l’énergie a été presque entièrement régularisé, celui du BTP affiche encore des retards.
Pour 2026, les autorités sénégalaises ambitionnent de ramener le déficit à 5,4 % du PIB. Cette trajectoire repose sur l’accélération du Plan de Redressement économique et social (PRES), la rationalisation des dépenses de fonctionnement et une amélioration de l’exécution des investissements financés sur ressources extérieures.
Ce rapport confirme ainsi une orientation vers une discipline budgétaire renforcée, dans un contexte où les nouvelles ressources issues des hydrocarbures pourraient durablement transformer les équilibres économiques du Sénégal.