Bloc gazier Yakaar-Teranga : le gouvernement acte une reprise stratégique et revendique un tournant souverain
SENTV : Le dossier du bloc gazier Yakaar-Teranga connaît un nouveau rebondissement. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé jeudi avoir obtenu la reprise de cet actif énergétique jugé stratégique, à l’issue d’un processus de négociation engagé avec les partenaires concernés.
Dans une déclaration rendue publique sur ses canaux officiels, le chef du gouvernement a salué « une avancée décisive » pour les intérêts nationaux, précisant que l համաձայն aurait été conclu sans engagement financier direct de la part de l’État sénégalais.
Le champ gazier Yakaar-Teranga, considéré comme l’un des plus prometteurs du bassin sédimentaire sénégalais, était jusqu’ici exploité dans le cadre d’accords impliquant notamment la société américaine Kosmos Energy et la société nationale Petrosen.
Selon les autorités, cette reprise s’inscrit dans une volonté de rééquilibrage des partenariats énergétiques et de renforcement de la souveraineté sur les ressources naturelles.
Le Premier ministre a également replacé cette décision dans un contexte historique, évoquant les conditions d’attribution initiale du bloc sous la présidence de Macky Sall. Sans entrer dans les détails techniques des contrats, il a fait allusion à des procédures qu’il juge « discutables », alimentant depuis plusieurs années le débat public autour de la gouvernance des ressources extractives.
Le nom de l’homme d’affaires Frank Timis, associé aux premières phases d’exploitation du bloc, reste en effet lié à des controverses passées sur la transparence des contrats pétroliers et gaziers au Sénégal.
Une doctrine de renégociation affichée
Au-delà de Yakaar-Teranga, le chef du gouvernement a réaffirmé la ligne directrice de l’exécutif en matière de ressources naturelles : auditer, renégocier et, le cas échéant, récupérer les actifs jugés défavorables aux intérêts du pays.
Cette orientation s’inscrit dans les engagements politiques portés par l’actuelle majorité, qui entend revoir en profondeur les accords hérités des précédents régimes, dans un contexte de montée en puissance du secteur gazier sénégalais.
Si cette annonce est présentée comme une avancée majeure par les autorités, elle soulève également des interrogations chez certains observateurs quant à ses implications sur l’attractivité du Sénégal auprès des investisseurs internationaux.
La gestion de cet équilibre entre souveraineté économique et sécurité juridique des investissements sera déterminante pour la suite des opérations dans le secteur énergétique, alors que le pays s’apprête à devenir un acteur gazier de premier plan en Afrique de l’Ouest.
Aucune communication détaillée n’a, pour l’heure, été faite sur les modalités techniques et juridiques précises de la reprise du bloc. Les prochains jours devraient permettre d’en apprécier la portée réelle.