Examens scolaires 2026 : la COSYDEP appelle à repenser les politiques éducatives

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SENTV : La Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique au Sénégal (COSYDEP) a présenté, ce jeudi, son rapport d’analyse des résultats du CFEE, du BFEM et du Baccalauréat de la session 2026. Si les performances globales sont en hausse, l’organisation de la société civile met en garde contre une lecture exclusivement basée sur les taux de réussite. Elle plaide pour des politiques éducatives davantage adaptées aux réalités des académies.

Sous le thème « Apprendre de l’année 2025-2026 pour mieux réussir 2026-2027 », la COSYDEP a livré son analyse des principaux examens scolaires de l’année 2026. Le rapport relève une amélioration des résultats aux différents niveaux, tout en invitant les autorités éducatives à aller au-delà des chiffres bruts pour mesurer réellement les progrès du système.

Selon les données présentées, le CFEE affiche un taux de réussite de 94,49 %, contre 83,05 % au BFEM et 55,01 % au Baccalauréat. Des performances jugées encourageantes, mais que la COSYDEP considère avec prudence en raison de plusieurs facteurs ayant influencé les résultats.

Au CFEE, notamment, la progression est à mettre en perspective avec la suppression du concours d’entrée en sixième. Au BFEM et au Baccalauréat, l’apport des épreuves du second groupe a également contribué à améliorer les statistiques finales. La COSYDEP relève ainsi un gain proche de 30 points au BFEM, tandis qu’au Baccalauréat, 50,9 % des admis l’ont été à l’issue du second groupe.

Les séries scientifiques toujours à la traîne

Le rapport met également en lumière la persistance d’un déséquilibre dans l’orientation des élèves au secondaire. Au Baccalauréat, les séries littéraires regroupent 82,9 % des candidats, alors que les filières scientifiques et techniques n’en représentent que 15,5 %.

Pour la COSYDEP, cette configuration constitue un enjeu majeur pour le système éducatif, notamment au regard des besoins du pays en compétences scientifiques, techniques et professionnelles.

Des écarts importants entre les académies

L’autre enseignement majeur du rapport concerne les disparités géographiques. Les performances ne sont pas homogènes d’une académie à l’autre.

Kédougou, Kolda, Matam, Tambacounda et Saint-Louis sont présentées comme des territoires affichant des résultats particulièrement intéressants. La COSYDEP estime que les pratiques mises en œuvre dans ces académies pourraient servir de références pour d’autres zones du pays.

À l’inverse, Kaffrine, Sédhiou, Louga, Diourbel et Pikine-Guédiawaye sont classées parmi les « académies prioritaires ». Ces territoires devraient, selon l’organisation, bénéficier de mesures de remédiation plus ciblées afin de réduire les écarts de performance.

Vers un pilotage de l’école fondé sur les données

Face à ces disparités, la COSYDEP recommande de rompre avec une approche uniforme de la politique éducative. L’organisation préconise un accompagnement différencié des académies, tenant compte de leurs réalités, de leurs contraintes et de leurs performances.

Parmi les propositions formulées figurent notamment la mise en place d’un suivi longitudinal des cohortes d’élèves, du primaire au secondaire, afin de mieux identifier les facteurs qui favorisent ou freinent leur réussite.

La coalition appelle également à renforcer le cycle fondamental, notamment à travers une meilleure maîtrise du quantum horaire et une réduction des effectifs dans les classes.

Autre recommandation mise en avant : la création, dans les meilleurs délais, d’un tableau de bord national consacré à la performance et à l’équité scolaires. Un tel outil permettrait, selon la COSYDEP, de suivre plus efficacement les résultats et d’orienter les décisions publiques vers les besoins les plus urgents.

À travers ce rapport, la société civile veut ainsi déplacer le débat : au-delà de la progression des taux de réussite, l’enjeu serait désormais de comprendre où, pourquoi et pour qui le système éducatif progresse, afin de mieux cibler les politiques à mettre en œuvre pour l’année scolaire 2026-2027.

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