Financement des PME : le ministre des Finances met en avant la synergie entre crédit-bail et affacturage

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SENTV : des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu ce jeudi en séance plénière le projet de loi n°08/2026 consacré au crédit-bail, présenté comme un levier majeur pour dynamiser le financement des entreprises, notamment des PME.

Devant les députés réunis en intercommissions, le membre du gouvernement a insisté sur la nécessité de moderniser un secteur du leasing encore peu développé au Sénégal. Il a relevé que la contribution du crédit-bail au financement de l’économie demeure marginale, ce qui justifie, selon lui, une réforme structurelle du cadre en vigueur.

Le ministre a souligné que la législation actuelle ne prend plus suffisamment en compte les évolutions récentes du secteur, notamment le crédit-bail immobilier, les innovations liées à la finance islamique ainsi que les exigences accrues en matière de sécurisation des contrats. Dans cette perspective, le Sénégal s’inscrit dans le processus d’harmonisation juridique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine UEMOA, qui a adopté une loi uniforme depuis 2016.

Crédit-bail et affacturage : deux outils complémentaires

Au cœur de son intervention, Cheikh Diba a mis en avant la complémentarité entre le crédit-bail et l’affacturage. Selon lui, le premier est destiné à soutenir l’investissement des entreprises par l’acquisition d’équipements sans mobilisation immédiate de garanties importantes, tandis que le second répond davantage aux besoins de trésorerie à court terme.

Face aux préoccupations des députés sur les difficultés d’accès au financement, le ministre a rappelé les dispositifs déjà opérationnels de l’État. Il a cité notamment le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires FONGIP, l’Agence de Développement et d’Encadrement des PME ADEPME ainsi que l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers OQSF.

Ces structures, a-t-il précisé, interviennent dans l’accompagnement des entreprises en matière de gestion financière, de prévention des tensions de trésorerie et de restructuration amiable avec les créanciers.

Gestion des engagements publics et stabilité financière

Abordant la question de la substitution de l’État à certaines entreprises privées vis-à-vis du système bancaire, le ministre a défendu une mesure visant à préserver la stabilité du secteur financier national. Cette intervention publique, selon lui, a permis d’éviter des défauts de paiement susceptibles de fragiliser l’ensemble du système bancaire.

Il a également indiqué que des efforts importants ont été consentis pour apurer les arriérés dus à plusieurs entreprises. À ce titre, il a évoqué la mobilisation de 500,9 milliards de FCFA dans le cadre d’une loi de finances rectificative, destinée à soutenir des secteurs stratégiques comme le BTP, l’énergie et les investissements financés sur ressources extérieures.

Sécurisation juridique du crédit-bail immobilier

Enfin, s’agissant des coûts liés à la formalisation des contrats de crédit-bail immobilier devant notaire, le ministre a estimé que ces charges restent limitées au regard de la sécurité juridique apportée aux opérateurs économiques. Il a conclu en rappelant que ce mécanisme constitue un outil d’accès progressif à l’équipement productif pour les PME, sans pression immédiate sur leur capacité d’endettement.

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