Fraude bancaire à Tivaouane : une superviseure accusée d’un détournement de 282 millions F CFA

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SENTV : Un scandale financier d’ampleur secoue une agence de CBAO, où un détournement portant sur plus de 282 millions de francs CFA a été mis au jour à la suite d’un audit interne. L’affaire a conduit à l’interpellation d’une responsable de l’établissement, désormais poursuivie par la justice.

Un système de détournement en deux circuits

Selon les premiers éléments de l’enquête, le préjudice global s’élève précisément à 282,554 millions de francs CFA. Il se répartit entre deux canaux : environ 150 millions de francs CFA prélevés au niveau de la caisse principale et 132,554 millions de francs CFA issus d’opérations frauduleuses liées au guichet automatique bancaire (GAB).

Les anomalies ont été détectées lors d’un contrôle interne, déclenchant immédiatement des investigations approfondies.

Des manipulations pour masquer les irrégularités

Pour dissimuler ces détournements, la principale suspecte aurait mis en place un mécanisme de falsification comptable. Informée de l’imminence d’un contrôle, elle aurait procédé à une écriture fictive d’encaissement d’un montant de 155 millions de francs CFA, destinée à alimenter artificiellement une caisse auxiliaire.

Selon les enquêteurs, aucune transaction réelle n’aurait accompagné cette opération, qui aurait été annulée après le passage du contrôleur, dans le but de masquer temporairement le déficit.

Saisie du dossier, la Division spéciale de cybersécurité (DSC) a mené les investigations techniques. Celles-ci ont permis d’identifier formellement A. Ba, 32 ans, chargée des comptes et superviseure au sein de l’agence.

Malgré ses dénégations, les éléments recueillis — notamment les traces informatiques et les images issues du système de vidéosurveillance — ont permis de la confondre, selon des sources proches de l’enquête.

Déférée au parquet, la mise en cause fait face à une série de chefs d’accusation lourds : vol, escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux en écriture privée de banque, ainsi qu’accès frauduleux à un système informatique et fraude bancaire.

L’instruction devra désormais établir les responsabilités exactes et déterminer si d’éventuelles complicités ont pu intervenir dans ce dossier.

Une affaire qui relance la question du contrôle interne

Ce scandale met en lumière les enjeux liés à la sécurisation des opérations bancaires et à l’efficacité des dispositifs de contrôle interne. Il soulève également des interrogations sur les mécanismes de prévention face aux fraudes internes dans les établissements financiers.

En attendant les suites judiciaires, cette affaire risque d’avoir des répercussions sur la confiance des clients et sur la gouvernance interne de l’établissement concerné.

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