Une policière tuée à Rambouillet, le parquet anti-terroriste se saisit

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SENTV : Les collègues de la policière assassinée au couteau ont fait usage de leur arme de service pour neutraliser l’assaillant.

POLICE – Un homme a attaqué et tué à coups de couteau une fonctionnaire de police au commissariat de Rambouillet, dans les Yvelines, avant d’être blessé par balles et interpellé par d’autres agents, a-t-on appris ce vendredi 23 avril auprès du procureur de Versailles et de source policière. Il est mort à son tour des suites de ses blessures.

Les faits se sont produits vers 14h20 dans le sas de ce commissariat, a précisé la source policière. La fonctionnaire administrative attaquée, qui était d’abord en arrêt cardio-ventilatoire, est décédée sur place, malgré l’intervention des pompiers. D’après les premiers éléments de l’enquête, elle a été touchée à deux reprises à la gorge.

Stéphanie M. était âgée de 49 ans. Elle était agente administrative du secrétariat du commissariat, et ne portait pas d’arme. Elle a été attaquée alors qu’elle rentrait de pause. Les pompiers intervenus sur place ne sont pas parvenus à ranimer la policière, grièvement blessée à la carotide. Elle était mère de deux enfants, âgés de 13 et 18 ans.

Après une évaluation de la situation par la Sdat (Sous-direction antiterroriste)”, le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé dans l’après-midi s’être saisi. Une enquête de flagrance des chefs “d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste”, a ainsi été ouverte.

Elle a été confiée conjointement à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Castex: “Un geste barbare et d’une infinie lâcheté”

Quelques minutes après l’attaque, dans un tweet, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a fait savoir qu’il se rendait au commissariat de cette ville de près de 26.000 habitants, situé à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. Dans la foulée, Matignon a indiqué que le Premier ministre Jean Castex en faisait de même. La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse s’est aussi rendue sur place.

Sur Twitter, le chef du gouvernement a salué “une héroïne du quotidien” et fustigé “un geste barbare et d’une infinie lâcheté”. Et de lancer, à l’attention des forces de l’ordre: “Je veux dire que je partage leur émotion et leur indignation”.

“Notre détermination à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes est plus que jamais intacte”, a martelé le Premier ministre une fois arrivé aux abords du commissariat de Rambouillet. De son côté, Emmanuel Macron a rendu hommage à la fonctionnaire assassinée dans un tweet. “La Nation est aux côtés de sa famille, de ses collègues et des forces de l’ordre. Du combat engagé contre le terrorisme islamiste, nous ne céderons rien”, écrit le chef de l’État.

Gérald Darmanin a par ailleurs fait savoir que la sécurité allait être renforcée devant les commissariats et les gendarmeries du pays. Les préfets sont ainsi enjoints par le ministre de l’Intérieur de “renforcer la vigilance et les mesures de sécurité dans et aux abords des commissariats de police et brigades de gendarmerie, notamment s’agissant des accueils”, dans un télégramme envoyé par le cabinet du ministre et consulté par l’AFP.

Repérages et “Allahu Akbar”

L’assaillant, qui était de nationalité tunisienne, est également décédé des suites de ses blessures, ont fait savoir des sources policières. L’homme a été touché par les tirs d’un seul policier, d’après une source policière. En arrêt cardio-respiratoire, il est décédé. Il s’agit donc d’un ressortissant tunisien de 36 ans, inconnu des services de police et des renseignements territoriaux, et en situation régulière.

Il était arrivé en France en 2009 en situation irrégulière et avait été régularisé depuis, selon les premiers éléments de l’enquête. Selon une source proche de l’enquête, il vivait depuis peu à Rambouillet. Sa profession, ainsi que son statut familial ne sont pas connus à ce stade.

Sur les réseaux sociaux se dessine le profil d’un trentenaire, qui aime les activités de plein air. Pendant plusieurs années, ses posts publics sont consacrés en nombre à la dénonciation de l’islamophobie ou des propos de polémistes comme Eric Zemmour. Mais à partir d’avril 2020, au moment du confinement, il ne publie plus que de pieuses prières et des versets coraniques. Le 24 octobre, huit jours après l’assassinat de Samuel Paty par un islamiste, il avait changé sa photo de profil et rejoint une campagne intitulée “Respectez Mohamed prophète de Dieu”.

Le parquet a fait savoir dans l’après-midi que l’homme avait effectué des “repérages” avant de commettre les faits. De source proche de l’enquête, l’AFP a également appris qu’il aurait crié “Allahu Akbar” en passant à l’acte.  Le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, a ainsi déclaré que la saisine de ses services était motivée notamment par le mode opératoire, “des éléments de repérages”, le profil de la victime, “mais aussi les propos tenus par l’auteur lors de la réalisation des faits”.

Ce vendredi des soirs, des perquisitions avaient lieu au domicile de l’assaillant, à Rambouillet, ainsi que dans le Val-de-Marne à l’un de ses précédentes adresses. Trois personnes de son entourage ont été placées en garde à vue.

Des précédents tragiques

“L’horreur, une fois encore qui vise et frappe les forces de l’ordre”, a réagi le syndicat de police Alliance sur Twitter. D’autres organisations syndicales, l’Unsa-police ou des représentants des officiers et commissaires, se sont également fendues d’un hommage à la fonctionnaire tuée.

Ces dernières années ont été marquées par plusieurs attaques à l’arme blanche en France. Le 16 octobre 2020, le même département des Yvelines avait été marqué par l’attaque au couteau d’un professeur de collège, Samuel Paty, assassiné et décapité par un jeune homme de 18 ans originaire de la république russe de Tchétchénie.

Le 3 octobre 2019, dans l’enceinte de la préfecture de police de Paris, un employé avait tué à coups de couteau trois policiers et un agent administratif, avant d’être abattu. L’assaillant, récemment converti à l’islam, était un informaticien, rattaché à la direction du renseignement.

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