Marché régional : le Sénégal mobilise 103,5 milliards FCFA, mais le coût de l’endettement poursuit sa hausse
SENTV : L’État du Sénégal a une nouvelle fois sollicité le marché financier régional avec succès. À l’issue de l’opération d’adjudication organisée le 29 juin 2026, le Trésor public sénégalais est parvenu à lever 103,5 milliards de FCFA, dépassant légèrement son objectif initial fixé à 100 milliards de FCFA.
L’opération a suscité un intérêt marqué des investisseurs de l’espace financier régional, qui ont soumis des offres totalisant 132,9 milliards de FCFA, soit un taux de couverture supérieur aux besoins exprimés par l’État sénégalais. Cette dynamique confirme la capacité du pays à mobiliser des ressources sur le marché sous-régional malgré un contexte financier plus exigeant.
Dans la répartition des montants retenus, le Trésor a capté 77 milliards de FCFA à travers des Bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 364 jours. À cela s’ajoutent 21,2 milliards de FCFA obtenus via des Obligations assimilables du Trésor (OAT) à trois ans ainsi que 5,2 milliards de FCFA levés sur des titres à cinq ans.
Cette nouvelle émission intervient seulement dix jours après une précédente opération conclue le 19 juin, au cours de laquelle l’État avait déjà mobilisé 107,1 milliards de FCFA. En moins de deux semaines, le volume des ressources levées sur le marché régional atteint ainsi 210,6 milliards de FCFA.
Si la demande des investisseurs reste soutenue, les conditions de financement se durcissent toutefois pour Dakar. Les rendements exigés continuent de progresser, traduisant une perception plus prudente du risque souverain sénégalais. Le taux moyen pondéré des obligations à trois ans s’est établi à 8,04 %, tandis que celui des titres à cinq ans a atteint 8,09 %. Sur les bons du Trésor à un an, le rendement moyen est ressorti à 7,82 %.
Pour plusieurs observateurs des marchés financiers régionaux, ces niveaux traduisent une hausse de la prime de risque associée à la dette sénégalaise. La comparaison avec la récente émission réalisée par la Côte d’Ivoire illustre cette tendance : Abidjan avait en effet obtenu des financements à court terme à un taux moyen de 3,63 %, soit un niveau nettement inférieur à celui observé pour le Sénégal.
Dans un contexte marqué par les débats sur la soutenabilité de la dette publique et les besoins croissants de financement budgétaire, l’évolution des conditions d’emprunt sur le marché régional sera suivie de près par les autorités économiques comme par les investisseurs.