Ce destin pour l’Afrique que m’inspire le Gabon

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Un destin pour l’Afrique : c’est le titre d’un célèbre livre de Me Abdoulaye Wade, où le pape du Sopi met le curseur sur les goulots d’étranglement qui empêchent le décollage du continent vers les cimes du développement.

Pendant tout ce temps qu’il a été au pouvoir, le charismatique patron du Pds, tristement « co-bourreau » de Kadhafi avec Sarkozy, a composé avec ces contradictions, tentant parfois de se libérer de l’emprise des Occidentaux, comme ce fut le cas quand il convoqua l’ambassadeur des Usa pour lui dire ses quatre vérités, ou encore, lorsqu’il démolit les bases de l’armée française au Sénégal.
Ces bases sont de retour sous nos cieux depuis 2012. Elles n’ont jamais quitté le Gabon et la Côte d’Ivoire depuis les Indépendances, ainsi qu’en témoigne l’attitude des soldats français, qui formèrent la garde rapprochée de Houphouët-Boigny pendant 33 ans, qui « encerclent » Libreville au moment où ces lignes sont écrites, à la rescousse des intérêts tricolores. Même pour lutter contre le terrorisme émergent, nous dépendons du pays de Marianne en refusant de nous entendre sur une solution africaine (G5 Sahel d’un côté, Processus de Nouakchott, de l’autre…).
Nous n’avons rien fait pour changer notre sort, ne guérissant pas du syndrome du 3e mandat sur fond de tripatouillages constitutionnels et de rivalités ethniques, par endroits. Regardez vers la Guinée Conakry combien le sang se mêle aux cours d’eau pour chercher à empoisonner le quotidien d’un Etat si doté par Dame Nature ! Le mal est profond. Il est plus structurel que conjoncturel.
Parallèlement, l’Empire ottoman, qui a été démembré au début du siècle précédent, renait de ses débris en dardant ses rayons sur l’Afrique. La Chine redevient impériale au point d’imposer une guerre commerciale, à son avantage, aux Etats-Unis. Les Soviétique reviennent au galop, en maintenant le doigt sur le code nucléaire. L’Empire perse, itou, l’épée dans le fourreau.
Des empires, nous en avons connus tout près, au Djolof, plus au nord, au Mali etc. Le fédéralisme n’est pas un concept étranger chez nous. L’Africain a toujours voyagé dans le temps et dans l’espace pour aller à la rencontre de son frère. En réalité, par le fait des élites occidentalisées, nous n’avons pas recomposé notre passé après l’intermède de l’esclavage et de la colonisation, comme l’ont réussi les Asiatiques et les Sud-Américains. On se souvient juste que Gamal Abdel Nasser a su décrypter le message de 4000 siècles qui le contemplèrent du haut des Pyramides pour faire face et transmettre à l’Algérie de Ben Bella la consigne de la résistance.
C’est dire que l’Afrique préexiste à toutes ces civilisations. Manque-t-il un Alexandre le Grand dans nos palais pour dévier notre histoire de sa trajectoire vers les Abysses ? Les terres de Soundjata Keïta étaient mieux gouvernées.

Thierno Diop

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