Grève des transporteurs : l’État tente l’apaisement, mais le bras de fer se poursuit

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SENTV : Malgré des avancées issues des négociations entre les autorités et les organisations syndicales, la grève des transporteurs se poursuit au Sénégal, plongeant une nouvelle fois le secteur dans l’incertitude.

Dans un communiqué publié le 6 avril 2026, le Ministère des Transports terrestres et aériens a rendu compte d’une réunion de concertation tenue la veille à Diamniadio avec les syndicats signataires du préavis de grève. Cette rencontre, qui a duré plus de neuf heures, avait pour objectif d’examiner les revendications des acteurs du transport routier.

Des points de convergence sur plusieurs revendications

Au terme des discussions, plusieurs accords ont été trouvés entre les deux parties. Parmi les mesures phares figure le déploiement imminent d’un dispositif mobile de contrôle technique dans les régions, destiné notamment aux minibus de transport de 12 à 19 places. Les autorités ont également consenti à prolonger certains délais administratifs jusqu’en juin 2026.

Autre avancée notable : la restauration d’un dispositif simplifié de contrôle au niveau des postes de péage exploités par Afrique Pesage, ainsi que l’introduction de mesures transitoires concernant les certificats d’immatriculation.

Sur le plan social, le gouvernement a accepté d’étendre le régime de sécurité sociale simplifié aux travailleurs du secteur, en collaboration avec l’Association de Financement des Transports Urbains (AFTU), un acteur clé du transport urbain.

Un comité ad hoc pour poursuivre les discussions

Les deux parties se sont également accordées sur la mise en place d’un comité ad hoc chargé d’approfondir les concertations et d’assurer le suivi des engagements pris.

Malgré ce climat jugé « cordial » par les autorités, plusieurs points restent en suspens et feront l’objet de discussions ultérieures.

Les syndicats maintiennent la pression

À la surprise générale, les responsables syndicaux ont annoncé, à l’issue de la rencontre, la poursuite du mouvement de grève « jusqu’à nouvel ordre ». Une décision qui prolonge les perturbations dans le transport public, notamment à Dakar et dans les grandes agglomérations.

Le ministère a exprimé son regret face à cette position, tout en réaffirmant sa volonté de maintenir le dialogue « dans un esprit d’ouverture et de responsabilité ».

L’État brandit l’option de mesures exceptionnelles

Face à la paralysie persistante du secteur, les autorités indiquent se réserver le droit de recourir à tous les moyens légaux pour garantir la continuité du service public. En coordination avec les ministères en charge des Forces armées et de l’Intérieur, des dispositions pourraient être prises pour sécuriser les transporteurs souhaitant poursuivre leurs activités.

Cette crise met en lumière les tensions structurelles qui traversent le secteur du transport routier au Sénégal, entre exigences de régulation, contraintes économiques et revendications sociales.

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