SENTV : Le Sénégal entre dans une nouvelle ère de gouvernance sportive. L’Assemblée nationale a adopté, mardi, le projet de loi n°06-2026 portant Code du Sport, mettant officiellement fin à la Charte du sport en vigueur depuis 1984. Le texte, composé de 11 chapitres et 71 articles, ambitionne de moderniser l’organisation du sport sénégalais en intégrant des réformes touchant à la professionnalisation, aux infrastructures, à la gouvernance et à la sécurité des pratiques sportives.
Le projet a été validé par 136 députés sur 165 inscrits, marquant une large adhésion parlementaire autour de cette réforme présentée comme structurante pour l’avenir du sport national.
Une réforme présentée comme historique
Face aux députés, la ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture citoyenne, Khady Diène Gaye, a défendu un texte qu’elle considère comme un tournant majeur dans l’histoire sportive du pays.
Selon elle, ce nouveau Code vient combler un vide réglementaire vieux de plus de quatre décennies.
« En 1984, il y a eu la Charte du sport. Quarante-deux ans après, le Sénégal dispose enfin d’un véritable Code du Sport », a déclaré la ministre devant les parlementaires.
Le gouvernement estime que cette réforme permettra de mieux encadrer les activités physiques et sportives tout en adaptant la législation nationale aux exigences contemporaines du sport mondial.
Professionnalisation et économie du sport au cœur du texte
Parmi les principales innovations introduites figurent la reconnaissance officielle des sociétés sportives, des ligues professionnelles et des agences sportives, avec l’objectif de structurer davantage l’économie du sport au Sénégal.
Le texte prévoit également :
la mise en place de conventions d’objectifs entre l’État et les fédérations ;
la création d’une Commission nationale du sport de haut niveau ;
un renforcement des mécanismes de financement du sport ;
une meilleure couverture des questions liées à la sécurité et à la protection des pratiquants.
Concernant la limitation des mandats au sein des fédérations sportives, la ministre a indiqué que cette disposition sera précisée ultérieurement par voie réglementaire afin de respecter les normes internationales imposées par certaines instances sportives.
Infrastructures : 50 nouveaux plateaux sportifs annoncés
Le gouvernement entend également accélérer le développement des infrastructures sportives de proximité. Après la réalisation de 25 plateaux multifonctionnels en 2025, cinquante autres infrastructures similaires devraient être construites au cours de l’année 2026.
Dans la même dynamique, les autorités ont annoncé la création prochaine d’un centre de haute performance en partenariat avec la Chine. Ce complexe devra servir à la préparation des athlètes de haut niveau et au développement de la recherche appliquée au sport.
Le nouveau Code impose aussi l’intégration d’espaces sportifs dans tous les nouveaux établissements scolaires, une mesure visant à promouvoir la pratique sportive dès le milieu éducatif.
Navétanes, violences et dopage : des mesures renforcées
Le texte apporte également des changements concernant l’organisation des compétitions populaires dites « navétanes ». Désormais, leur saison officielle se déroulera du 15 juillet au 15 octobre, afin de limiter les perturbations du calendrier scolaire.
Les autorités souhaitent aussi inscrire ce mouvement dans le champ de l’économie sociale et solidaire afin de mieux encadrer son fonctionnement et son impact social.
Sur le volet sécuritaire, le Code prévoit un durcissement des sanctions contre :
les violences dans les stades ;
les actes racistes ;
la xénophobie ;
les discours de haine dans les enceintes sportives.
Le Sénégal renforce en parallèle son dispositif de lutte antidopage à travers une harmonisation avec les standards de l’Agence mondiale antidopage.
Le nouveau cadre juridique met également l’accent sur l’inclusion des femmes et des personnes vivant avec un handicap dans l’accès aux infrastructures et aux activités sportives.
Concernant la lutte sénégalaise, les autorités saluent les effets de la structuration du secteur en fédération, estimant que cette évolution a permis une meilleure régulation des combats et une plus grande visibilité internationale de la discipline.
Enfin, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de poursuivre les préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 et d’explorer une éventuelle candidature du Sénégal pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2032.