Amadou Ba : « Le Sénégal a déjà avancé sans décaissements du FMI »
SENTV : L’ancien Premier ministre Amadou Ba a affirmé, jeudi, avoir rappelé au chef de l’État que le Sénégal avait déjà traversé plusieurs années sans programme de financement du Fonds monétaire international (FMI), alors qu’il occupait les fonctions de ministre des Finances.
S’exprimant à la sortie d’une audience au Palais présidentiel dans le cadre du Dialogue national, l’ancien argentier de l’État a indiqué que cette situation n’avait pas empêché le pays de maintenir la confiance de ses partenaires économiques et financiers.
« J’ai rappelé au président de la République que moi-même, en tant que ministre des Finances, je suis resté six ans sans recevoir un seul franc du FMI. Le Sénégal est resté douze ans sans avoir un programme avec des décaissements », a déclaré Amadou Ba devant la presse.
L’ancien chef du gouvernement a toutefois tenu à nuancer la comparaison avec la conjoncture actuelle. Selon lui, le contexte économique international et les défis budgétaires auxquels fait face le Sénégal imposent aujourd’hui une approche pragmatique dans les discussions avec les bailleurs et partenaires techniques et financiers.
Dans son intervention, Amadou Ba a estimé qu’un compromis avec les institutions internationales demeure nécessaire afin de garantir la mobilisation des ressources destinées au financement de l’économie nationale et des projets d’investissement publics.
Il a également évoqué les récentes dégradations des notations financières du Sénégal, soulignant leurs répercussions directes sur les capacités de financement de l’État. D’après lui, ces baisses de notation entraînent un renchérissement du coût des emprunts sur les marchés financiers internationaux et limitent les marges de manœuvre budgétaires.
L’ancien Premier ministre a par ailleurs salué l’initiative du Dialogue national, qu’il considère comme un cadre important de concertation sur les enjeux politiques, institutionnels et économiques du pays.
Cette rencontre au Palais présidentiel intervient dans un contexte marqué par des débats sur la situation économique du Sénégal, les relations avec les partenaires internationaux et les perspectives de relance des investissements publics.