Attaques simultanées au Mali : de Kati à Kidal, une journée noire sous la pression des groupes armés
SENTV : Le Mali a été le théâtre, ce samedi, d’une série d’attaques simultanées d’une intensité rare, visant plusieurs zones stratégiques du territoire. De Kidal à Sévaré, en passant par Kati, aux portes de Bamako, les affrontements ont plongé le pays dans une nouvelle phase de tension sécuritaire.
Dans une série de communiqués publiés au fil de la journée, l’État-Major général des armées maliennes (FAMa) a confirmé des attaques ciblant des positions militaires ainsi que « certains points sensibles » dans la capitale et à l’intérieur du pays. Les autorités militaires évoquent l’implication de « groupes armés terroristes non encore formellement identifiés », tout en assurant que des ripostes ont permis de contenir plusieurs assauts. À ce stade, aucun bilan officiel détaillé n’a été communiqué.
Selon des informations concordantes recueillies auprès de sources locales, l’offensive aurait été lancée à l’aube, avec une coordination inhabituelle entre plusieurs groupes armés. À Kati, ville-garnison stratégique située à proximité immédiate de Bamako, des détonations et tirs nourris ont été entendus pendant plusieurs heures, suscitant une vive inquiétude parmi les populations.
Dans le nord, la situation à Kidal demeure particulièrement préoccupante. Des sources locales rapportent un retrait partiel des forces maliennes de certaines positions, tandis que le contrôle de la ville serait revendiqué par le Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement à dominante touarègue prônant l’autodétermination de l’Azawad.
À Sévaré, point névralgique du centre du pays, une importante base militaire aurait été la cible d’attaques soutenues. Des combats violents y auraient opposé les forces armées maliennes à des éléments jihadistes. D’autres incidents sécuritaires ont également été signalés dans la région de Gao ainsi que dans plusieurs localités du centre et du nord.
Cette séquence sécuritaire semble marquée par une coopération tactique entre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le FLA. Une telle convergence d’intérêts entre groupes jihadistes et mouvements séparatistes traduit une mutation inquiétante du paysage sécuritaire sahélien, déjà fragilisé par plus d’une décennie de conflits.
Face à la gravité de la situation, les autorités maliennes appellent la population au calme et assurent que toutes les dispositions sont prises pour sécuriser les zones affectées. Cette offensive coordonnée relance les interrogations sur la capacité des forces nationales à contenir des menaces de plus en plus complexes et simultanées sur plusieurs fronts.