SENTV : Le débat autour de la révision constitutionnelle prend une nouvelle tournure politique. Dans une déclaration au ton particulièrement critique, l’ancien ministre Doudou Ka a appelé les parlementaires de l’opposition à boycotter les travaux de l’Assemblée nationale, estimant que leur participation contribuerait à légitimer une institution qu’il juge en rupture avec les principes constitutionnels.
Selon lui, la situation actuelle à la tête du Parlement constitue une anomalie institutionnelle majeure. Il considère que le maintien d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, après son accession à la Primature, pose un problème de conformité juridique et politique qui fragilise la crédibilité des institutions républicaines.
Doudou Ka évoque ainsi ce qu’il qualifie de « dérive institutionnelle » et estime que les démissions intervenues ces derniers mois ont favorisé un contournement des mécanismes prévus par la Constitution. Dans son argumentaire, il soutient que la participation de l’opposition aux débats parlementaires revient, de fait, à reconnaître la légitimité d’un fonctionnement qu’elle conteste publiquement.
L’ancien ministre s’appuie notamment sur la décision n°5/C/26 du Conseil constitutionnel pour dénoncer ce qu’il présente comme un dysfonctionnement profond du système politique sénégalais. À ses yeux, la multiplication des initiatives législatives et constitutionnelles ne ferait que détourner l’attention des interrogations soulevées sur la régularité institutionnelle actuelle.
Dans sa sortie, Doudou Ka a également vivement critiqué le parcours politique d’Ousmane Sonko depuis 2021, l’accusant d’avoir entretenu un rapport conflictuel avec les institutions et l’autorité de l’État. Il a, dans le même temps, mis en cause la gestion de l’ancien régime de Macky Sall, auquel il reproche d’avoir fait preuve de complaisance face à certaines crises politiques ayant marqué les dernières années.
Estimant que l’opposition parlementaire est désormais confrontée à un choix stratégique, Doudou Ka appelle les élus opposés au pouvoir à « sortir du piège » en suspendant leur participation aux travaux parlementaires jusqu’à un retour à ce qu’il considère comme une normalisation institutionnelle.
Cette prise de position intervient alors que l’examen de la proposition de révision constitutionnelle continue d’alimenter les débats politiques et juridiques au Sénégal, sur fond de fortes tensions entre majorité et opposition quant au fonctionnement des institutions.