SENTV : Longtemps asymptomatique, l’insuffisance rénale s’impose aujourd’hui comme un véritable défi de santé publique au Sénégal. Entre l’augmentation des cas liés au diabète et à l’hypertension artérielle et les difficultés d’accès aux soins spécialisés, les professionnels de santé multiplient les campagnes de sensibilisation pour encourager le dépistage précoce.
Selon les néphrologues, de nombreux patients découvrent leur maladie à un stade avancé, lorsque les reins ont déjà perdu une grande partie de leur capacité à filtrer le sang et à éliminer les déchets de l’organisme. Cette prise en charge tardive complique souvent le traitement et conduit, dans les cas les plus sévères, au recours à la dialyse ou à la transplantation rénale.
Le diabète et l’hypertension en première ligne
Au Sénégal comme dans de nombreux pays africains, les principales causes de l’insuffisance rénale chronique demeurent l’hypertension artérielle et le diabète, deux maladies dont la progression est favorisée par les changements des habitudes alimentaires, la sédentarité et le vieillissement de la population.
Les spécialistes pointent également du doigt l’automédication, notamment l’utilisation excessive d’anti-inflammatoires et de certains produits traditionnels non contrôlés, susceptibles d’endommager progressivement les reins.
Les infections urinaires répétées, certaines maladies héréditaires ainsi que les complications liées à des infections chroniques figurent également parmi les facteurs de risque identifiés.
Une maladie souvent détectée trop tard
L’une des principales difficultés dans la lutte contre l’insuffisance rénale réside dans son caractère silencieux. Fatigue persistante, gonflement des pieds, perte d’appétit, nausées, essoufflement ou encore diminution du volume des urines apparaissent généralement lorsque la maladie est déjà avancée.
Les médecins recommandent ainsi aux personnes souffrant d’hypertension, de diabète ou ayant des antécédents familiaux de réaliser régulièrement des examens de contrôle, notamment une analyse d’urine et un dosage de la créatinine sanguine.
Les campagnes de sensibilisation se multiplient
Face à la progression des maladies rénales, les autorités sanitaires, les structures hospitalières et les associations de patients intensifient les actions de sensibilisation à travers des journées de dépistage gratuit, des conférences et des campagnes d’information destinées au grand public.
Chaque année, la célébration de la Journée mondiale du rein constitue un moment fort pour rappeler l’importance de la prévention et du dépistage précoce.
Les spécialistes insistent notamment sur l’adoption d’une alimentation équilibrée, la réduction de la consommation de sel, la pratique régulière d’une activité physique ainsi que le suivi rigoureux des traitements contre le diabète et l’hypertension.
Le défi de la prise en charge
La prise en charge des patients atteints d’insuffisance rénale reste un enjeu majeur pour le système de santé sénégalais. La demande en séances de dialyse continue d’augmenter, poussant les autorités à renforcer progressivement les capacités des centres spécialisés dans plusieurs régions du pays.
Pour les professionnels de santé, la meilleure arme demeure toutefois la prévention. « Dépister tôt, c’est éviter la dialyse demain », résument plusieurs spécialistes, appelant les populations à consulter dès les premiers signes ou en présence de facteurs de risque.
Dans un contexte marqué par la progression des maladies non transmissibles, l’insuffisance rénale apparaît plus que jamais comme un combat qui se joue d’abord sur le terrain de la sensibilisation et du dépistage précoce.