Économie : cap sur une relance progressive avec une croissance attendue à 6 % à l’horizon 2031

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SENTV : Le Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération a rendu public, mercredi, son rapport sur les perspectives économiques du pays. Le document met en évidence une phase de ralentissement conjoncturel dès 2026, avant une reprise progressive devant porter la croissance à 6 % à l’horizon 2031.

Selon les projections officielles, la croissance économique devrait s’établir à 2,5 % en 2026, en net recul par rapport aux 6,7 % enregistrés en 2025. Cette décélération s’explique principalement par un repli de la contribution du secteur des hydrocarbures après une année de forte production. Toutefois, les autorités se veulent rassurantes, évoquant une dynamique structurelle appelée à se renforcer à moyen terme.

Le rapport souligne que la trajectoire économique repose sur deux leviers majeurs : une consolidation budgétaire à finaliser d’ici 2027 et une montée en puissance du secteur privé, moteur de la croissance hors hydrocarbures. Cette évolution devrait s’accompagner d’un gain de productivité supérieur à celui observé au cours des dernières décennies.

À moyen terme, l’État sénégalais vise un déficit budgétaire contenu à 3 % du Produit intérieur brut (PIB), tout en privilégiant un recours accru au marché financier régional pour son financement. Cette stratégie devrait permettre de maintenir la dette publique dans des seuils jugés soutenables, malgré une hausse notable des charges d’intérêts, passées de 2,8 % en moyenne entre 2019 et 2024 à environ 5 % sur la période 2025-2030.

Dans le même temps, l’élargissement de l’assiette fiscale devrait permettre une mobilisation des recettes publiques comprise entre 20 % et 25 % du PIB. Ces ressources additionnelles sont destinées à soutenir les investissements publics, avec un effet d’entraînement attendu sur le secteur privé, en cohérence avec les ambitions de transformation économique à long terme.

Les projections reposent notamment sur une analyse du PIB hors hydrocarbures, afin de mieux capter les dynamiques structurelles de l’économie. Sur la période 2027-2031, la croissance de ce segment devrait atteindre en moyenne 5,1 %, portée par une amélioration durable de la productivité globale des facteurs.

Sur le plan sectoriel, l’année 2026 devrait être marquée par une contribution significative du secteur primaire, dont la croissance est estimée à 4,8 %, bien qu’en baisse par rapport à 2025. Le secteur tertiaire continuerait également de soutenir l’activité, avec une progression attendue de 2,8 %. En revanche, le secteur secondaire enregistrerait une croissance plus modérée de 1 %, pénalisé par le ralentissement des activités extractives.

Du côté de la demande, la croissance serait tirée principalement par la consommation finale, en hausse de 3,4 %, contribuant à hauteur de 2,7 points à l’expansion du PIB. L’investissement (+3,7 %) et les exportations (+1,6 %) participeraient également à cette dynamique, malgré une progression plus rapide des importations (+4,5 %), reflet d’une demande intérieure soutenue.

Enfin, le rapport met en avant des facteurs structurels favorables, notamment les transferts de la diaspora, estimés à 11 % du PIB, ainsi que l’appartenance du Sénégal à l’espace communautaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui contribue à la stabilité macroéconomique.

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